Le gouvernement congolais a appelé mercredi 5 août la population de Kinshasa à ne pas céder à la panique, après l’interception d’une embarcation transportant des passagers en provenance de la Tshopo, à la suite d’un décès suspect pouvant être lié à la maladie à virus Ebola. Un laboratoire mobile a été déployé pour dépister l’ensemble des voyageurs, tandis que le bateau est maintenu à environ 65 kilomètres de la capitale, par mesure de précaution.
Les précisions ont été apportées lors d’une conférence de presse conjointe animée par le ministre de la Santé, Roger Kamba, et le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.
Le décès est survenu à Mongala, pas à Kinshasa
Selon Roger Kamba, ministre de la Santé, le passager concerné est descendu de l’embarcation à Pimu, dans la province de la Mongala, à plus de 1200Km de Kinshasa, où il a présenté de la fièvre et de la diarrhée avant de se rendre dans un centre de santé, où il est décédé.
Dès la réception de l’alerte, les autorités sanitaires ont décidé de suivre le bateau jusqu’à son arrivée aux abords de Kinshasa afin d’appliquer les mesures de prévention nécessaires.
« Nous n’avons pas dit que c’était Ebola. Nous avons dit qu’il y a eu un cas suspect pour lequel nous sommes prudents », a insisté le ministre de la Santé.
Un laboratoire mobile pour dépister tous les passagers
Les autorités ont installé un laboratoire mobile afin de réaliser des tests sur l’ensemble des passagers de l’embarcation.
Le professeur Jean-Jacques Muyembe et des équipes spécialisées ont été mobilisés sur le terrain pour renforcer le dispositif sanitaire.
Roger Kamba a également démenti les informations relayées sur les réseaux sociaux faisant état de plusieurs décès à bord.
« Il n’y a pas eu d’autres morts sur ce bateau », a-t-il affirmé.
Le ministre de la Santé a dénoncé la propagation de fausses informations, notamment celles évoquant six ou sept décès à bord ou situant Pimu à Kinshasa.
« Pimu est dans la province de la Mongala, et c’est là que l’incident s’est produit », a-t-il rappelé.
De son côté, Patrick Muyaya a indiqué que toutes les équipes de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) sont mobilisées pour tester les passagers et retracer les contacts éventuels.
Il a précisé que d’autres embarcations ont été acheminées afin d’évacuer progressivement les voyageurs après les opérations de dépistage.
Selon lui, aucun résultat de laboratoire n’était encore disponible au moment de la conférence de presse pour confirmer que le décès est effectivement lié à Ebola.
« Il ne faut pas oublier qu’il existe d’autres maladies pouvant présenter des symptômes similaires », a-t-il souligné.
Tous les services de l’État mobilisés
Le porte-parole du gouvernement a assuré que la situation fait l’objet d’un suivi rapproché au plus haut niveau de l’État.
Les ministères de la Santé, des Transports, de l’Intérieur, ainsi que les services spécialisés, restent mobilisés pour gérer cette situation et prévenir tout risque de propagation.
Le gouvernement affirme qu’il communiquera les résultats des analyses dès qu’ils seront disponibles et renouvelle son appel à la vigilance, tout en invitant la population à ne pas relayer les rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux.






