En marge du sommet Forward Africa de Nairobi, le président français Emmanuel Macron s’est opposé, mardi 12 mai, à l’adoption de sanctions collectives contre Kigali, calquées sur le modèle américain. Il défend une stratégie axée sur la diplomatie et le dialogue multilatéral sous l’égide de l’Union africaine.
Emmanuel Macron a fait cette déclaration mardi 12 mai, lors d’une interview accordée notamment à France 24 et RFI, en marge du Sommet Forward Africa de Nairobi, au Kenya où il a séjourné.
Alors que le soutien du Rwanda aux rebelles de l’AFC/M23 est documenté par les Nations unies et a poussé Washington à sanctionner l’armée rwandaise, Paris a choisi une voie distincte. Interrogé sur le refus de la France et de l’Union européenne d’emboîter le pas aux États-Unis, Emmanuel Macron a plaidé pour le maintien des canaux de discussion avec toutes les parties expriment.
« Isoler Kigali compromettrait la coopération »
Pour le chef de l’État français, la politique de l’isolement s’avère contre-productive pour la résolution du conflit qui ébranle la République démocratique du Congo.
« Si aujourd’hui tout le monde se précipite, parce que les Américains l’ont fait, à mettre le Rwanda au banc, il y a peu de chances qu’on convainque le Rwanda d’avoir une politique coopérative », at-il averti. Emmanuel Macron affirme privilégier la « vertu du dialogue respectueux » avec Félix Tshisekedi et Paul Kagame, plutôt que les mesures punitives.
La feuille de route de Paris en quatre axes
La position française pour rétablir la paix et la pleine souveraineté congolaise s’articule désormais autour de quatre piliers fondamentaux :
Le respect de la souveraineté de la RDC impliquant le retrait de toutes les forces étrangères présentes sur le sol congolais, le président français rappelant qu’elles ne sont pas uniquement rwandaises, La relance du processus politique : une reprise directe du dialogue entre Kinshasa et le M23 Le rétablissement du contrôle étatique : la reprise en main sécuritaire de l’Est par les forces de la RDC, accompagné d’un travail ciblé contre les FDLR. Une lutte régionale contre le terrorisme : une action conjointe de tous les pays de la zone contre les forces terroristes qui menacent la stabilité collective.
Un appel à centraliser les médiations sous l’égide de l’Union africaine
Bien qu’il salue l’engagement de Washington, Emmanuel Macron note que l’accord de paix signé sous l’égide américaine, il y a quelques mois, n’a pas totalement ramené la paix. Constatant le ballet incessant de nouveaux médiateurs, il déplore un jeu où « beaucoup de gens sont successivement à la manœuvre » avant de se retirer.
Pour pallier cet éparpillement, la France souhaite voir l’Union africaine piloter centralement les efforts de paix, en regroupant les initiatives américaines, qatariennes et régionales. Le président français a également insisté sur la nécessité d’élargir les discussions à l’Ouganda et au Burundi afin de clarifier la réalité des forces sur le terrain ainsi que la question cruciale des prédations économiques dans l’Est de la RDC.




