L’insécurité dans le territoire de Djugu (Ituri) porte un coup dur à l’Examen d’État, édition 2026 dans la région. Au centre de passation de Fataki-Centre, près de la moitié des candidats attendus n’ont pas pu se présenter aux épreuves lancées le lundi 22 juin, fuyant les exactions des groupes armés.
Le bilan de la première journée de passation des épreuves au centre de Fataki-Centre est particulièrement lourd pour le secteur éducatif local. Sur 263 candidats attendus au total dans cette juridiction, seuls 138 élèves ont répondu présents, dont 78 filles. 125 finalistes manquent à l’appel, soit un taux d’absence d’environ 48 %.
Selon Gilbert Dekodonza, inspecteur principal de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST) du pool Djugu 1, cette déperdition massive est la conséquence directe des conflits armés qui vident les localités de leurs habitants.
L’inspecteur évoque précisément les affrontements qui opposent les miliciens de la Convention pour la Révolution Populaire (CRP) aux forces loyalistes (FARDC) dans la zone de Bule depuis décembre 2025, ainsi que les exactions à répétition de la milice CODECO dans le territoire de Djugu. « Voilà, ces enfants n’ont pas présenté l’examen d’État », déplore-t-il.
Face à ce gâchis humanitaire et pédagogique, la communauté locale se mobilise. Plusieurs notables de la région demandent officiellement au gouvernement l’organisation d’une session de rattrapage spéciale afin de ne pas briser l’avenir académique de ces centaines d’élèves déplacés.
Les leaders d’opinion exhortent, par ailleurs, le nouveau gouverneur de l’Ituri à restaurer d’urgence l’autorité de l’État dans ces zones de conflit, condition sine qua non pour le retour des familles dans leurs villages d’origine.



