La résistance communautaire demeure un obstacle majeur dans la lutte contre la 17ᵉépidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo. Dans plusieurs villages répartis sur les cinq provinces touchées, les agents de santé font face au refus récurrent de respecter les mesures barrières essentielles : lavage des mains, distanciation physique et exécution d’enterrements dignes et sécurisés. Pour la société civile du Nord-Kivu, la riposte devrait impliquer beaucoup les dirigeants communautaires locaux.
Le déni des consignes sanitaires de prévention contre Ebola est directement pointé du doigt comme la cause de l’explosion récente des contaminations.
Dans un rapport publié le 21 juillet, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a tiré la sonnette d’alarme : le virus continue de se propager à un rythme soutenu, avec un bilan tragique dépassant déjà les 1 000 décès depuis la déclaration officielle de l’épidémie le 15 mai dernier.
Pour les acteurs de la société civile, l’échec d’adhésion des populations s’explique par les faiblesses méthodologiques des interventions humanitaires. Placide Nzilamba, secrétaire technique au bureau de la société civile du Nord-Kivu, regrette que les leçons des épidémies précédentes n’aient pas été intégrées durablement.
Il déplore notamment le fait que les organisations déployées sur le terrain se contentent souvent d’exécuter des projets ponctuels à courte vue, sans bâtir une véritable stratégie de pérennisation ni renforcer de manière structurelle le réseau de santé local.
Impliquer les leaders coutumiers et locaux pour briser la méfiance
Au-delà de la pérennisation des acquis, la réussite de la riposte passe impérativement par une révision des méthodes de communication de crise.
Umbo Salama, spécialiste en communication, plaide pour un changement d’approche axé sur l’inclusion directe des figures d’autorité locales : selon lui, la sensibilisation doit s’appuyer sur les chefs de villages, les notables et les leaders d’opinion influents, seuls capables d’établir une relation de confiance avec les habitants et de susciter une adhésion communautaire réelle.
Malgré la gravité de la situation épidémiologique, les experts estiment qu’il est encore possible d’inverser la courbe des infections, à condition de recentrer immédiatement la riposte sur l’ancrage communautaire et la consolidation des structures sanitaires de base.






