À l’occasion de la Journée internationale de l’enfant africain, célébrée chaque 16 juin, les appels se multiplient à travers la République démocratique du Congo pour une meilleure prise en compte de la parole des mineurs dans les espaces de décision. Legény Albert Numbi Shaka, ancien président du Parlement d’enfants de la province du Maniema, tire la sonnette d’alarme face à l’affaiblissement progressif de ces structures citoyennes et plaide pour leur relance immédiate sur toute l’étendue du pays.
Selon ce leader associatif, les parlements d’enfants sont aujourd’hui retardés au profit des structures de jeunesse, privant ainsi les plus jeunes d’un espace d’expression essentiel à leur apprentissage citoyen et à la défense de leurs droits fondamentaux.
Autrefois pivots de la sensibilisation et de la lutte contre les violences faites aux mineurs, les parlements d’enfants subissent aujourd’hui une baisse de soutien qui paralyse leurs activités régulières sur le terrain.
Legény Albert Numbi Shaka regrette ce désinvestissement des acteurs étatiques et humanitaires :
« C’est le Parlement d’enfants qui portait haut le message et le thème de chaque année. Ses actions ne se limitaient pas au seul 16 juin, mais s’étendaient à toute la vie des enfants. Le Parlement dénonçait les abus et les violations de leurs droits. Ce qui n’est malheureusement plus le cas aujourd’hui. On se focalise désormais trop sur la jeunesse. Pourtant, si le Parlement des jeunes existe, c’est parce que le Parlement des enfants a existé bien avant. L’idée initiale était que les enfants ayant atteint la majorité intégrant ensuite la structure des jeunes ».
Préparer l’avenir dès l’enfance
L’ancien président du Parlement d’enfants du Maniema rappelle que chaque province de la RDC disposait autrefois d’une structure fonctionnelle. Aujourd’hui, la plupart de ces parlements n’existent plus que de nom et ne sont plus opérationnels sur le terrain.
Il appelle les autorités et les partenaires à corriger ce déséquilibre pour garantir un avenir stable à la société congolaise :
« On ne doit pas seulement se focaliser sur la jeunesse et oublier les enfants. Une société sans enfants est une société sans avenir. Les enfants doivent être préparés dès le plus jeune âge ; ils doivent connaître leurs droits et apprendre à les défendre eux-mêmes, tout en étant accompagnés par les adultes ».






