La situation sécuritaire reste inchangée dans l’est de la République démocratique du Congo ( RDC), malgré la signature, il y a un an, de l’accord de paix entre Kinshasa et Kigali à Washington. Sur les lignes de front, les affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et le mouvement rebelle AFC/M23 se poursuivent, continuant d’affecter gravement les populations civiles.
Signé le 27 juin 2025, l’« accord de Washington » visait à mettre fin au conflit entre la RDC et le Rwanda. Parmi ses principales dispositions figuraient le retrait des troupes rwandaises de l’est congolais dans un délai de 90 jours, ainsi que la fin du soutien de Kinshasa aux combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Cependant, à la veille du premier anniversaire de cet accord largement inappliqué, les États-Unis ont de nouveau appelé, dans un communiqué publié le 25 juin 2026, au retrait total des forces rwandaises de l’est de la RDC « sans plus tarder ».
Des affrontements persistants et une crise humanitaire aggravée
Sur le terrain, la guerre continue de faire rage. Les territoires de Masisi, Rutshuru et Walikale au Nord-Kivu, ainsi que ceux d’Uvira, Fizi et Mwenga au Sud-Kivu, demeurent les plus touchés par les violences.
Les combats ont entraîné le déplacement de milliers de civils, contraints de fuir leurs villages. Les destructions matérielles sont également importantes, tandis que les parties au conflit recourent de plus en plus à l’artillerie lourde et aux attaques par drones.
Sur le plan économique, certains sites stratégiques échappent toujours au contrôle de l’État congolais. C’est notamment le cas du site de coltan de Rubaya, qui reste sous le contrôle des rebelles de l’AFC/M23, accusés d’être soutenus par le Rwanda. Dans plusieurs zones occupées du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ces derniers ont également mis en place des administrations parallèles.
Le non-respect de l’accord dénoncé au Conseil de sécurité
Le 26 juin 2026, la question du non-respect des engagements pris dans le cadre de l’accord de Washington a été largement évoquée devant le Conseil de sécurité des Nations unies.
Prenant la parole, Massad Boulos, Conseiller principal du Président des États-Unis pour l’Afrique et le Moyen-Orient, a souligné les manquements persistants des parties impliquées.
« En dépit des progrès, les partis continuent à ne pas honorer leurs obligations. La RDC n’a pas honoré ses obligations pour la neutralisation des FDLR, en tout cas dans les zones contrôlées. Dans le même temps, le Rwanda n’a pas honoré ses engagements de désengagement des forces de défense du Rwanda », a-t-il déclaré.
Il a également mis en cause le rôle du Rwanda dans le conflit :
« Il continue de soutenir les M23. Des progrès sur ces deux volets sont nécessaires depuis très longtemps et les excuses ne sont plus acceptables, les retards non plus ».
Réaffirmant la position de Washington, il a ajouté :
« Comme nous l’avons prouvé, les États-Unis s’assureront que ceux qui minent la paix dans les RDC rendent des comptes ».
Des sanctions déjà en place
Le responsable américain a rappelé que des sanctions ont déjà été prises pour faire respecter les engagements.
« En mars, par exemple, nous avons sanctionné les RDF pour leur soutien, leur formation et leur combat actif aux côtés des M23 », a-t-il indiqué.
Il a également évoqué une mesure récente :
« Et hier, nous avons mis sous sanction un réseau travaillant en coordination avec les M23 afin de faire sortir illégalement des minerais de l’RDC vers le Rwanda ».
Massad Boulos a insisté sur la nécessité de privilégier la voie diplomatique :
« Notre message aux partis est clair, cesser cette quête d’une solution militaire à ce conflit, une quête trop dangereuse, et respecter le cadre convenu pour la paix ».
Il a enfin adressé une mise en garde ferme :
« Toute inaction, toute obstruction supplémentaire de la part des partis se soldera par des mesures de riposte supplémentaire ».
Une médiation toujours en cours
Ces prises de position s’inscrivent dans le cadre de la médiation menée par les États-Unis, à l’origine de l’accord de paix signé à Washington entre la RDC et le Rwanda.
Pour rappel, cet accord faisait suite à des négociations menées sous la médiation conjointe des États-Unis et du Qatar. Le principal groupe rebelle, l’AFC/M23, qui n’était pas signataire, poursuit néanmoins des discussions parallèles avec le gouvernement congolais à Doha.
Un an après, malgré ces initiatives diplomatiques, la situation reste fragile et la paix durable demeure encore hors de portée.






