La mode africaine continue de séduire les jeunes générations tout en offrant de réelles opportunités d’emploi. À Matadi (Kongo-Central), de nombreuses jeunes filles suivent chaque année des formations en coupe et couture avec pour objectif de valoriser les tissus et les styles africains à travers leurs créations, tout en acquérant une autonomie financière grâce à un métier générateur de revenus durables.
Identité culturelle à préserver
Pour ces apprenties couturières, l’apprentissage du métier va bien au-delà de la simple maîtrise des techniques de couture. Elles souhaiteraient également réaliser démontrer, à travers leurss, que la mode africaine demeure moderne, élégante et porteuse d’une identité culturelle qu’il convient de préserver.
Dans un atelier de formation de la ville, les machines à coudre tournent au rythme des ambitions de nombreuses jeunes filles. Parmi elles, figure Aurélie (18 ans), qui se félicite des progrès réalisés en quelques mois seulement :
« J’avais un grand problème avec la découpe. Mais en seulement deux mois, j’arrive à bien couper et coudre. Aux jeunes, je les encourage à apprendre un métier qui pourra les aider dans l’avenir. En restant sans rien faire, ils n’auront aucune valeur dans la société ».
Si ces jeunes apprennent aujourd’hui à manier le mètre ruban, les ciseaux et la machine à coudre, c’est grâce à l’engagement de passionnés déterminés à transmettre leur savoir-faire aux nouvelles générations.
Défi de pérennisation
Didier, initiateur de cette formation, souligne l’importance de préparer la relève dans le secteur de la mode africaine :
« Moi aussi j’avais été formé. Demain, nous ne serons plus là, devrons-nous laisser notre lutte pour la mode africaine s’éteindre ? Il faut former des successeurs pour transmettre notre savoir-faire. Autrefois, le travail de couturier était considéré comme un travail d’analphabètes. Mais aujourd’hui, tout le monde a compris que ce métier nourrit bien son homme. Même en restant chez soi, on peut travailler ».
Pour ce formateur, le principal défi reste désormais l’obtention d’un accompagnement des autorités locales afin de renforcer l’encadrement de ces jeunes apprenants. Un tel apport permettra, selon lui, de garantir la pérennité de la mode africaine, à la fois patrimoine culturel et source d’emplois pour de nombreuses générations.






