Une accalmie progressive est observée depuis près de deux semaines dans plusieurs localités du territoire de Djugu, en province de l’Ituri. Après des mois marqués par l’insécurité, les populations commencent timidement à reprendre leurs activités quotidiennes, même si certaines hésitations persistent quant au retour des déplacés.
Les secteurs de Walendu Tatsi, Pitsi et Bahema Nord figurent parmi les zones où la situation sécuritaire s’est améliorée. Dans ces localités, la baisse des violences a permis une reprise progressive de la vie socio-économique.
Sur le terrain, les signes de normalisation se multiplient. La circulation a repris sur plusieurs axes routiers stratégiques, notamment entre Largu, Blukwa, Tché, Saliboko et Katoto. Cette reprise permet aux habitants de renouer avec leurs activités agricoles et commerciales.
Témoignant de cette évolution, Charité Banza, acteur de la société civile dans la zone, décrit un retour progressif à la normalité :
« Les gens retournent dans la brousse pour cultiver et récolter. La circulation a repris sur les axes Largu–Massumbuko, Saliboko et Katoto, même tard dans la journée. Les marchés fonctionnent de nouveau. Les habitants de Bahema Nord fréquentent les marchés de Walendu Tatsi à Dzuda, tandis que ceux de Walendu Tatsi viennent aussi vendre et acheter dans les marchés de Massumbuko. On constate que les échanges entre les communautés reprennent progressivement ».
Cette reprise des activités économiques favorise également un début de rapprochement entre communautés, contribuant ainsi à renforcer la cohésion sociale dans plusieurs villages de Djugu.
Des déplacés encore hésitants
Malgré ces avancées, la situation reste fragile dans certaines zones. À Bule, toujours dans le territoire de Djugu, de nombreuses familles déplacées se montrent encore réticentes à regagner leurs villages d’origine.
Selon un responsable religieux ayant requis l’anonymat, cette prudence s’explique par un climat de méfiance persistant, notamment après les affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les combattants du groupe armé CRP. Dans certains cas, des civils auraient été assimilés à des combattants, alimentant ainsi les tensions et les craintes au sein de la population.
Pour cet acteur local, le retour durable de la paix ne dépend pas uniquement de l’amélioration de la sécurité sur le terrain, mais aussi de la restauration de la confiance entre les populations et les forces de défense.
Ainsi, si le calme observé ces dernières semaines constitue un signal encourageant, il reste encore des défis à relever pour consolider la stabilité importante et permettre un retour massif et sécurisé des déplacés dans leurs milieux d’origine.





