Le centre de santé de Lokando, situé à plus de 50 kilomètres de Kindu (province du Maniema), traverse une crise de fonctionnement majeur.
Cet établissement médical fait face à une pénurie de matériel adéquat, à une absence de médicaments essentiels et à une précarité salariale de son personnel.
Son médecin-directeur, le Dr Hervé Tchela Luka, lance un cri d’alarme pour éviter une rupture totale de la prise en charge des patients.
Un bloc opératoire démuni et obsolète
La situation est particulièrement critique au sein du bloc opératoire, où les outils de travail sont devenus obsolètes. Selon le médecin-directeur, le renouvellement des équipements médicaux remonte à plusieurs années.
« Les matériels que nous avons déjà vieillis. Le dernier kit que nous avons reçu remonte à l’époque de la Première dame Olive Lembe Kabila. Depuis lors, nous n’avons reçu aucun autre équipement », déplore le Dr Hervé Tchela Luka.
A ce manque de matériel s’ajoute une rupture régulière dans l’approvisionnement en médicaments, ce qui complique davantage les soins de santé primaires pour la population locale.
Seuls 3 agents sur 23 payés par l’État
Outre les difficultés logistiques, le centre de santé de Lokando est confronté à une crise sociale. Sur les 23 agents qui font tourner la structure, seuls trois bénéficient d’une prise en charge par le gouvernement provincial ou national.
Le Dr Hervé Tchela Luka plaide pour une régularisation urgente de la situation administrative de ses collaborateurs :
« C’est un casse-tête au niveau de notre aire de santé. Nous demandons aux autorités de régulariser le barème salarial, de nous octroyer des numéros de matricule et de verser la prime de risque pour nos agents. »
L’enclavement routier aggrave la situation
L’accès à des soins spécialisés relève du parcours du combattant pour les habitants de cette région. En cas de complications médicales nécessitant un transfert vers les structures de référence à Kindu, le mauvais état de la route – distante de plus de 50 kilomètres – met en péril la vie des malades.
Face à cette situation d’urgence, le médecin-directeur appelle les autorités publiques, les partenaires humanitaires et les personnes de bonne volonté à intervenir rapidement pour réhabiliter ce centre de santé.






