Le boom immobilier dans la capitale entraîne une transformation rapide du paysage urbain. De nombreux terrains de football de quartier, longtemps au cœur de la vie sociale des jeunes, disparaissent peu à peu. Autrefois animés par des tournois improvisés pendant la saison sèche et les grandes vacances, ces espaces sont aujourd’hui remplacés par des constructions privées, des habitations et des parkings.
Cette évolution modifie profondément les habitudes sportives des adolescents. Désormais, ils sont contraints soit de s’éloigner de leur quartier, soit de payer l’accès à un terrain pour continuer à jouer.
Localisation des terrains
À Djelo-Binza, dans la commune de Ngaliema, les amateurs de football doivent, par exemple, se rendre au terrain de l’Université pédagogique nationale (UPN). Cependant, les frais de localisation y sont souvent jugés trop élevés.
Dans plusieurs quartiers de Kinshasa, le constat reste le même : les terrains de football disparaissent progressivement, alors que l’engouement des jeunes pour ce sport demeure intact. Toutefois, le manque d’espaces accessibles rend la pratique de plus en plus difficile.
« Je suis habitant du quartier Djelo-Binza. À notre époque, les quartiers disposaient de plusieurs terrains de football où les jeunes se rétrouvaient pendant les vacances, et surtout durant la saison sèche, pour jouer ensemble », témoigne un résident.
Moins de stades
À Kimbondo, dans la commune de Mont-Ngafula, la situation reflète la même tendance. Les installations sportives deviennent insuffisantes face à l’étendue du quartier et à l’importance de sa population jeune.
« Dans notre quartier, il y a un terrain de football à Mater Dei. Les quartiers étant très vastes par rapport au kilométrage, les terrains sont insuffisants. Par exemple, dans la partie appelée Kimbondo, il n’y a qu’un seul terrain de football », explique un habitant.
Au terrain Cimetière, toujours dans la commune de Mont-Ngafula, la transformation est encore plus visible. L’espace, autrefois dédié au football, a changé de vocation.
Terrain transformé en parking
« Aujourd’hui, au terrain Cimetière, on ne voit plus les jeunes pratiquer ce genre d’activités. Lorsqu’ils jouent, ils le font avec des épaves de camions. La cause de cette situation est la transformation de ce terrain en parking », déplore un témoin.
Entre urbanisation rapide et disparition des terrains de proximité, le football de quartier s’efface peu à peu dans la capitale congolaise, selon plusieurs experts.




