Ce lundi 16 mars 2026, deux pôles majeurs aimantent l’attention des éditorialistes de la capitale congolaise : d’une part, l’offensive judiciaire lancée par le Chef de l’État contre la délinquance financière, et d’autre part, le retour des députés et sénateurs sous le chapiteau du Palais du Peuple pour la session ordinaire de mars.
« Fin de la récréation pour les prédateurs économiques » dit Le Phare ce matin. Le quotidien barre sa Une avec un titre évocateur : « Félix Tshisekedi met en place une véritable machine pour traquer les criminels économiques ».
Le journal fait référence à la création du tout nouveau Tribunal pénal économique et financier. Cette juridiction spécialisée, nous explique notre confrère, a pour mission de réprimer avec la dernière énergie les infractions graves telles que le détournement de deniers publics, le blanchiment d’argent et la corruption institutionnalisée.
Une analyse partagée par Actualite.cd qui écrit : RDC : création du Tribunal pénal économique et financier, une juridicité spécialisée pour lutter contre la corruption
Le média précise à son tour que ce Tribunal pénal économique et financier sera composé d’une chambre de première instance et d’une chambre d’appel, et sera compétent pour juger exclusivement les infractions à caractère économique et financier, ajoutant que la création de cette juridiction constitue l’aboutissement des réformes initiées par l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, visant à renforcer la lutte contre les crimes économiques et financiers en RDC.
« L’ordonnance-loi précise que le Tribunal pénal économique et financier connaîtra, à caractère exclusif, des infractions telles que la corruption et les pratiques assimilées, les détournements et les commotions commis par les personnes revêtues d’un mandat public ou chargées d’un service public, ainsi que la contrefaçon, la falsification et l’imitation des signes monétaires », note Actualite.cd.
Il indique que la mise en place de ce tribunal spécialisé devrait contribuer à améliorer la lisibilité, la célérité et l’efficacité dans le traitement des dossiers sensibles, et à renforcer la confiance des citoyens et des partenaires internationaux dans l’État de droit en RDC.
Pour sa part, Actu30.cd affirme que ce tribunal vient combler un vide sécuritaire dans l’arsenal judiciaire congolais. Pour ces médias en ligne, il ne s’agit plus seulement de dénoncer, mais de sanctionner sévèrement les “cols blancs” qui saignent les finances de l’État. Le ministre de la Justice, cité par Le Phare, salue d’ailleurs une avancée majeure pour l’assainissement du climat des affaires.
Pendant que la justice affûte ses armes, le Parlement, lui, ouvre ses portes. C’est le deuxième grand titre qui domine les manchettes. « Rentrée parlementaire : les Congolais vont encore serrer la ceinture », prévient à sa Une, Congo Nouveau.
Le tri-hebdomadaire souligne que cette séance de mars sera essentiellement budgétaire et technique. Au menu : la révision du budget national, rendue nécessaire par les impératifs sécuritaires à l’Est du pays.
L’Agence Congolaise de Presse (ACP) confirme cette effervescence et annonce l’ouverture solennelle des travaux ce lundi 16 mars à Kinshasa, tant au Sénat qu’à l’Assemblée nationale.
Mais au-delà des chiffres, c’est le contrôle de l’exécutif qui est attendu. Le Potentiel titre en effet : « Accords RDC-Rwanda, contrôle parlementaire et débat budgétaire au cœur de la session ».
Le journal insiste sur le fait que les élus du peuple attendent des explications claires du gouvernement sur la gestion de la crise sécuritaire et l’efficacité des accords diplomatiques restés jusqu’ici sans effet tangible sur le terrain.






