Est de la RDC : exactions dans les zones occupées et appels à la justice dominent la presse
Les exactions contre les civils dans l’Est de la République démocratique du Congo et la question de la justice pour les crimes commis au cours des dernières décennies occupent une large place dans la presse kinoise ce mardi 25 août 2026. Plusieurs médias reviennent sur les accusations portées par Kinshasa contre les RDF et l’AFC/M23, tandis que d’autres mettent en avant l’appel du prix Nobel Denis Mukwege à ne pas sacrifier la justice au nom de la paix.
Plus de 300 morts, selon Kinshasa
Le Potentiel ouvre le dossier sécuritaire en relayant le bilan dressé par le gouvernement congolais dans un communiqué publié lundi :
« Viols, enlèvements et exécutions dans les zones occupées : Kinshasa continue de dénoncer, Kigali reste impassible ! », titre le confrère.
Kinshasa accuse les Forces de défense rwandaises (RDF) et leurs supplétifs de l’AFC/M23 de graves violations des droits humains dans les territoires sous leur contrôle : exécutions sommaires, massacres, violences sexuelles, tortures, enlèvements, recrutements forcés et taxation illégale.
Le quotidien met particulièrement en avant le chiffre de plus de 300 personnes tuées en juin et juillet 2026, dans différentes circonstances, notamment lors d’exécutions, de massacres et de bombardements. Le gouvernement congolais dénonce également des centaines d’enlèvements et de recrutements forcés, notamment de jeunes à Tshanzu et Rumangabo.
L’Agence congolaise de presse, (ACP), reprend elle aussi ce bilan officiel et insiste sur la démarche de Kinshasa visant à porter ces accusations à l’attention de la communauté internationale.
De son côté, 7sur7.cd élargit la focale aux autres atteintes aux droits humains évoquées dans le communiqué gouvernemental, notamment les violences sexuelles, les actes de torture et l’enrôlement forcé de jeunes.
Le gouvernement congolais accuse par ailleurs Kigali de favoriser un déplacement de populations vers certaines zones de l’Est. Il cite notamment l’arrivée, le 10 août, de plus de 100 familles présentées comme étant d’origine rwandaise dans le territoire de Nyiragongo.
Mukwege : la paix ne doit pas effacer les crimes
Autre dossier qui retient l’attention de la presse : la commémoration des massacres de Kasika, au Sud-Kivu, 28 ans après les faits.
Actualité.cd revient sur le message du prix Nobel de la paix Denis Mukwege, qui insiste sur la nécessité de placer la vérité, la justice et les réparations au cœur de tout processus de paix. Le site souligne que, pour le médecin congolais, les négociations et les accords diplomatiques ne doivent pas conduire à passer sous silence les violations commises contre les civils.
Le quotidien Infos 27, dans son édition n°666, adopte un angle davantage politique et mémoriel. Son éditorial estime que la recherche d’une solution diplomatique ne peut se faire au détriment des victimes ni aboutir à l’impunité des responsables des crimes.
L’ACP, pour sa part, replace la commémoration de Kasika dans le contexte plus large du rapport Mapping des Nations unies. L’agence rappelle les recommandations en faveur de mécanismes judiciaires impartiaux pour poursuivre les auteurs des crimes documentés dans l’Est de la RDC depuis 1998.
Entre les exactions dénoncées dans les territoires occupés et les appels à la justice pour les crimes du passé, la presse congolaise met ainsi en évidence une même préoccupation : comment construire une paix durable sans laisser les victimes et la question de la justice au second plan ?





