Dans les différents marchés de Kinshasa, les machines de broyage de « pondu » (traduis en français : feuille de manioc) sont devenues de véritables activités génératrices des revenus.
Les jeunes tenanciers font payer entre 1000 francs congolais et 1500 FC la mesure d’un sachet de feuille de manioc broyé à la machine. Les feuilles de manioc (Pondu) se préparent désormais à la vitesse des moteurs.
Une évolution qui séduit par sa rapidité, mais qui soulève de plus en plus d’inquiétudes sur les conditions d’hygiène.
Dans les ménages de Kinshasa, le mortier et le pilon traditionnels perdent du terrain.
Une tendance qui séduit
Les broyeurs motorisés s’imposent comme une alternative incontournable. Pour les opérateurs, ce processus permet aux clients de gagner du temps et demandes moins d’efforts. Avec ces machines, quelques minutes suffisent pour moudre et avoir une texture au gout du client là où il fallait auparavant de longues séances de pilage.
« Nous aidons les femmes à broyer rapidement le pondu, car avec le mortier cela prend beaucoup de temps», a déclaré un jeune rencontré au marché de Lingwala.
Cependant, derrière cette tendance qui attire, certaines femmes restent réticentes. Elles estiment que ce n’est ni hygiénique ni recommandé de donner ses aliments à des inconnus. Elles préconisent aux autres femmes de faire le pilage à domicile comme les autres travaux ménagers.
Rencontrée à son domicile, Mme Murielle, femme au foyer, témoigne que sa seule expérience avec ces machines ne s’était pas bien passée. Elle raconte que le résultat de ce broyage était différent du pilage traditionnel et cela n’avait pas plus à sa famille. Depuis, elle préfère le faire seule à la maison.
« J’étais enceinte lorsque j’ai essayé ça pour la première fois. Malheureusement, je n’avais pas apprécié la texture et l’hygiène derrière le broyage. Depuis, je préfère le faire seule. Les femmes sont appelées à s’adapter aux différents travaux ménagers et ces machines ne sont pas toujours bien nettoyées »
Risques de santé publique
D’un autre côté, les spécialistes attirent l’attention des consommateurs sur les risques de contamination liée à la mauvaise hygiène des machines du broyage.
Dieurcy Lubata, médecin généraliste, explique que les conditions dans lesquelles ces machines sont utilisées peuvent exposer la population à des risques sanitaires non négligeables. Il précise que le principal problème est le manque d’hygiène.
Selon lui, dans la plupart des cas, les machines ne sont pas correctement nettoyées entre des utilisations. Ces machines peuvent donc contenir des résidus d’aliments, de la poussière, des microbes, voire des agents pathogènes et conduire à une contamination croisée.
« Il est crucial de s’assurer que la machine utilisée soit propre. Les utilisateurs doivent exiger un nettoyage régulier et éviter qu’elle soit en mauvais état, voire celles qui sont rouillées ou visiblement sales. Après broyage, la cuisson doit être suffisante et prolongée.» prévient-il.
Cependant, entre tradition et progrès, les machines de broyage continuent de gagner du terrain et attiré une forte clientèle.





