La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a lancé, samedi 20 juin, un avertissement sans équivoque sur la situation actuelle du pays. Dans un communiqué publié à Kinshasa, à l’issue d’une assemblée plénière extraordinaire, les évêques catholiques dressent un tableau préoccupant de la réalité socio-économique, sécuritaire et politique de la République démocratique du Congo, qu’ils qualifient de « nation en péril ».
En tête des préoccupations de la CENCO figure la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans l’Est du pays. Malgré la signature de différents accords de paix, les violences continuent de faire rage. Les évêques évoquent la prolifération des groupes armés, les massacres de civils et le drame humanitaire des populations déplacées.
Pour l’épiscopat congolais, le constat est alarmant : la situation reste dramatique et met en péril non seulement la stabilité régionale, mais également la cohésion nationale.
Sur le plan socio-économique, la CENCO reconnaît certaines avancées, notamment dans le domaine des infrastructures et des routes. Toutefois, ces efforts restent, selon elle, largement insuffisants pour améliorer les conditions de vie de la majorité des Congolais.
La précarité demeure, insiste-t-elle, la réalité quotidienne d’une grande partie de la population, accentuant les frustrations sociales et creusant davantage les inégalités.
Vives inquiétudes sur la situation politique
C’est surtout sur le terrain politique que les évêques expriment leur plus grande inquiétude. Ils dénoncent la montée des tensions autour d’un éventuel projet de modification de la Constitution.
Selon la CENCO, ce débat se déroule dans un climat pesant, marqué par la peur, les pressions et la répression des voix discordantes. Une situation jugée préoccupante, car elle pourrait remettre en cause les fondements du pacte républicain.
Les évêques mettent en garde contre toute tentative de passage en force. « Les conséquences pourraient être graves », préviennent-ils, évoquant des risques de tensions généralisées, voire de fragmentation nationale.
Face à ces défis, la CENCO appelle le Président de la République au respect strict de son semblant constitutionnel. Elle l’exhorte à privilégier la voie du dialogue et de la légalité pour préserver la stabilité du pays.
Par ailleurs, les évêques invitent la population congolaise à faire preuve de vigilance, tout en privilégié des moyens pacifiques pour exprimer leurs revendications.
Préserver l’essentiel : paix, unité et avenir
Au cœur du message de la CENCO se trouve un appel fort à préserver les piliers fondamentaux de la nation : la paix, l’unité et l’avenir de la République démocratique du Congo.
Dans un contexte marqué par de multiples crises, les évêques exhortent l’ensemble des acteurs politiques et sociaux à faire preuve de responsabilité afin d’éviter une dérive aux conséquences irréversibles.






