Les vols de perruques portées par des femmes se multiplient de manière alarmante à Kinshasa, notamment la Place Victoire, le grand carrefour commercial situé entre les communes de Kalamu et de Kasa-Vubu.
Ce phénomène naissant, orchestré par des bandes de jeunes délinquants opérant en plein jour, plonge les kinois dans la psychose et pousse les victimes ainsi que les commerçants à exiger un renforcement immédiat de la sécurité dans ce secteur.
Sur le terrain, les malfaiteurs ont développé un mode opératoire bien rodé : ils profitent de la forte affluence, de la cohue des embouteillages ou de la moindre distraction des passantes pour arracher brutalement les postiches ; avant de se fondre instantanément dans la foule.
Au-delà du préjudice financier important, ces accessoires capillaires étant souvent acquis à prix d’or, les victimes subissent un profond traumatisme psychologique. L’agression s’accompagne généralement d’un sentiment de honte publique, les faits se déroulant sous les yeux de nombreux témoins impuissants.
« Je marchais à la Place Victoire quand un homme est arrivé derrière moi et a tiré brusquement ma perruque. Tout s’est passé très vite, je n’ai même pas eu le temps de réagir. Après cet incident, j’ai eu peur de revenir ici avec une perruque de valeur », confie une kinoise victime de ce réseau.
Les commerçants tirent la sonnette d’alarme
Cette criminalité de rue affecte également l’ambiance des affaires autour de ce nœud stratégique de la capitale. Témoins quotidiens de ces scènes de détresse, les vendeurs installés à la Place Victoire redoutent que cette insécurité ne fasse fuir leur clientèle féminine :
« Nous voyons souvent des femmes se plaindre après avoir perdu leurs perruques. Les voleurs profitent du nombre de personnes présentes pour agir. Nous demandons aux autorités de renforcer la sécurité pour mettre fin à cette situation ».
En l’absence de mesures policières d’envergure ou de patrouilles fixes pour dissuader les pickpockets, la méfiance est désormais de mise. De nombreuses femmes affirment modifier leurs habitudes de coiffure ou redoubler de vigilance à chaque traversée de la Place Victoire, devenue une zone à haut risque pour l’élégance féminine.






