L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a organisé, mardi 12 mai à Bunia, en Ituri, un atelier de restitution d’une étude menée entre décembre 2025 et février 2026, portant sur « l’amélioration de la compréhension des tendances de la traite des êtres humains et du trafic illicite de migrants dans les zones frontalières entre la République démocratique du Congo et la République d’Ouganda ».
Au cours de cette rencontre, l’OIM a notamment fait allusion à la disparition de 245 enfants au cours de l’année 2025 dans la seule province de l’Ituri, selon des données de la Division des affaires sociales de l’Ituri.
L’objectif était de permettre aux autorités politico-administratives de la province et aux acteurs locaux intervenant dans le domaine de la protection d’améliorer leur compréhension des tendances de la traite des êtres humains et du trafic de migrants dans les zones frontalières entre la RDC et l’Ouganda.
Cette activité, organisée avec l’appui financier de l’Union européenne à travers le projet « Borderlands », a réuni plusieurs couches sociales et acteurs locaux autour des enjeux liés à la protection des populations vulnérables.
Des enfants exploités dans les réseaux criminels
Selon les experts de l’OIM, les nombreuses pistes clandestines reliant la RDC à l’Ouganda favorisent le trafic d’enfants dans cette région frontalière.
69 % des cas de disparition concernent l’exploitation sexuelle des jeunes filles, selon l’étude.
Les victimes sont souvent exploitées dans les sites miniers, la servitude domestique ou encore les réseaux d’exploitation sexuelle.
Pour Fils-Lien Ely Thelot, expert international en matière de lutte contre la traite des personnes au sein de l’OIM en Ituri, les enfants déplacés par les conflits armés figurent parmi les plus exposés à ces réseaux criminels.
« Beaucoup de ces enfants sont issus de familles vulnérables ayant fui les conflits armés et vivant aujourd’hui dans des camps de déplacés », a-t-il expliqué.
Il souligne que la pauvreté, l’insécurité persistante, le déplacement forcé des populations et l’ignorance constituent des facteurs favorisant le recrutement et l’exploitation des enfants.
Livrés à eux-mêmes dans certains camps de déplacés, plusieurs mineurs deviennent des cibles faciles pour les trafiquants, alerte M. Thelot.
Au cours de cet atelier, l’OIM a également rapporté que 96 % des personnes interrogées dans le cadre de cette étude ignorent l’existence de la loi criminalisant ces pratiques illégales.
Lutter contre la traite humaine
À travers le projet Borderlands, l’OIM et ses partenaires prévoient des campagnes de sensibilisation, l’assistance aux victimes ainsi qu’un soutien aux poursuites judiciaires contre les trafiquants d’êtres humains.
Ce programme régional RDC-Ouganda, financé à hauteur de 15 millions de dollars sur trois ans, comprend également des actions liées à la santé mentale, à la modernisation des postes frontaliers et au renforcement des capacités des autorités locales autour du lac Albert.
Dans les conclusions de son étude, l’OIM affirme que les autorités politiques ont fourni des efforts pour lutter contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants aux points frontaliers de la province de l’Ituri.
« Cependant, la traite des personnes continue de représenter un phénomène préoccupant dans les différents territoires d’Aru, Djugu, Irumu et Mahagi », conclut le rapport.






