Mambasa, situé à environ 165 kilomètres de Bunia dans la province de l’Ituri, fait face à une nouvelle vague de déplacements de population. Des milliers de personnes fuient depuis plusieurs jours les attaques répétées attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans plusieurs localités périphériques du territoire.
Selon des sources locales, ces populations cherchent refuge principalement à Mambasa-centre, chef-lieu du territoire, mais également dans les centres de négoce de Teturi, Luemba et Biakato. Face à l’insécurité persistante, de nombreuses familles ont quitté leurs villages dans la précipitation, abandonnant derrière elles leurs biens, leurs habitations et leurs moyens de subsistance.
L’arrivée massive des déplacés exerce une forte pression sur les capacités d’accueil déjà limitées de la région. Plusieurs familles passent désormais la nuit à la belle étoile, tandis que d’autres trouvent refuge dans des salles de classe ou sur les vérandas de particuliers.
Parmi les personnes déplacées figurent de nombreux enfants, femmes enceintes et personnes âgées, particulièrement vulnérables aux intempéries, à la faim et aux maladies. Les besoins en nourriture, en eau potable, en abris et en soins de santé deviennent de plus en plus urgents.
Des inquiétudes sur le plan sanitaire
Rams Malikidogo, responsable de l’ONG Association pour la protection et la défense des enfants et femmes vulnérables, alerte sur les défis auxquels sont confrontées les équipes sanitaires dans cette zone.
Selon lui, l’afflux des déplacés complique considérablement le suivi médical des populations. Certaines personnes proviennent notamment de zones affectées par l’épidémie d’Ebola, parmi lesquelles Niania, PK51 et Badengaido. Cette situation accroît les préoccupations des acteurs de santé, qui craignent une surveillance sanitaire plus difficile dans un contexte de mobilité importante des populations.
Une insécurité persistante
Outre la crise humanitaire, cet afflux massif de populations semble également avoir des répercussions sur la sécurité à Mambasa-centre. Des sources locales signalent une augmentation des actes de banditisme urbain, alimentant les inquiétudes des habitants.
Par ailleurs, plusieurs observateurs estiment que les opérations militaires menées contre les rebelles des ADF par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), avec l’appui de leurs partenaires des UPDF ougandaises et de la MONUSCO, n’ont pas encore permis de rétablir durablement la sécurité dans cette partie de l’Ituri.
Face à cette situation, les acteurs humanitaires et les organisations de la société civile appellent à une assistance urgente en faveur des déplacés et à un renforcement des mesures de protection des populations civiles.





