Les médias en ligne et tabloïds de la capitale congolaise reviennent largement sur le rejet, par l’Assemblée nationale, de la motion de défiance visant le ministre de l’Intérieur et cadre de l’UDPS, Jacquemain Shabani. Initiée par le député Laddy Yangotikala, la démarche reprochait notamment au ministre son incompétence face à la dégradation de la situation sécuritaire en RDC.
7sur7.cd : Assemblée nationale : Jacquemain Shabani sauvé par une motion incidente de Garry Sakata
Infos27 précise que prenant la parole lors de la séance ce mercredi, le député Garry Sakata a contesté l’authenticité et la validité de plusieurs signatures figurant sur la motion, soit 6 sur les 55 qu’elle comporte. Il a notamment affirmé que certains noms repris sur la liste ne correspondraient pas à des députés en fonction, citant entre autres les numéros 12, 35 et 36. L’élu a également soutenu que certains députés mentionnés comme signataires ont publiquement nié avoir apposé leur signature sur cette motion. Le rapport médiatique que sur la base de ces éléments, Garry Sakata a estimé que la motion ne remplissait plus les conditions de recevabilité prévues par l’article 235 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, qui exige au minimum 50 signatures, soit un dixième des membres de la Chambre. Selon lui, après retrait des signatures contestées, le nombre de signataires valides tomberait à 49.
« J’invite les honorables députés à mettre fin à ce débat et à déclarer cette motion irrecevable », a-t-il plaidé.
Même constat chez Le Potentiel qui titre : « La motion contre Shabani rejetée, le débat se referme ».
Le journal note que cette décision marque une victoire politique pour l’Union sacrée, bien que le climat reste électrique.
Cependant, le ton est beaucoup plus acerbe du côté de l’opposition. Le Potentiel a également relayé les propositions d’Olivier Kamitatu sur la motion contre Shabani. Le cadre d’Ensemble pour la République dénonce un « braquage constitutionnel ». Kamitatu s’insurge contre les projets de révision de la Constitution qui pointent à l’horizon, estimant que la manœuvre vise à verrouiller le pouvoir et à piétiner les acquis démocratiques. Pour lui, ce qui s’est passé à l’Assemblée avec la motion Shabani n’est que le reflet d’une volonté d’étouffer toute voix discordante.
L’agence congolaise de presse (ACP) précise que ce rejet fait suite à une motion incidente, une procédure qui a coupé l’herbe sous le pied des signataires.
L’ACP précise que de son côté, l’initiateur de la motion, Laddy Yangotikala affirme avoir filmé les députés lors de la signature et estime avoir accompli sa part de travail. « Nous avons dans la vie, soit on atteint l’objectif, soit on n’atteint pas. (…) Le plus important, c’est la sécurité de la population. Le reste, ça importe peu. Ce n’était pas une motion contre la personne de Jacquemin, non. C’était une motion pour la sécurisation de la population, afin de mieux faire le travail et arrêter l’immixion du pouvoir exécutif sur le pouvoir judiciaire ou encore le pouvoir législatif », a fait savoir l’élu de Tshopo. Après débat en assemblée, la motion n’a pas la majorité requise des députés nationaux pour entraîner la mise en cause de la responsabilité de ce membre du gouvernement.
Mais qui sont ces signataires ? Actualite.cd apporte une précision de taille : plus de 90 % des députés ayant porté cette motion étaient issus de l’AFDC, le parti de Modeste Bahati Lukwebo.
Une statistique qui interroge sur la cohésion interne de la majorité présidentielle.
Reprenant les propositions du député à l’origine de cette motion, le confrère rapporte que malgré ce rejet, l’initiateur ne s’avoue pas vaincu. Dans les colonnes d’Actualite.cd, le député Laddy Yangotikala se défend : « Je n’ai pas échoué », martèle-t-il.
Pour lui, l’objectif était d’alerter sur la dégradation sécuritaire ; le blocage procédural n’efface en rien la pertinence des faits reprochés au ministre.






