Des acteurs socio-politiques et des activistes des droits de l’homme du territoire de Djugu, en Ituri, alertent sur la diffusion de messages de désinformation, en rapport avec Ebola, véhiculant un discours de haine contre les ressortissants du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Dans une déclaration faite dimanche 14 juin à Djugu, ces acteurs sociaux disent avoir constaté la circulation, sur les réseaux sociaux, de messages accusant ces ressortissants d’être à l’origine de la propagation de la maladie à Ebola dans cette partie du pays.
L’un des acteurs politiques de Djugu, Luc Malembe, membre du parti politique Agir républicain pour la renaissance du Congo (A2RC), indique que de nombreux jeunes ressortissants des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu exercent de petits métiers et commerces dans plusieurs entités du territoire de Djugu, notamment à Iga-Barrière, Lopa, Mabanga, Mungwalu et Pluto.
Ces jeunes sont pris à partie par des habitants autochtones, qui les accusent de propager la maladie à virus Ebola. Ce comportement est alimenté par de fausses informations circulant sur les réseaux sociaux, alors que la province de l’Ituri est en proie à l’épidémie d’Ebola.
Pour Luc Malembe, ces actes xénophobes constituent un réel danger pour la cohabitation sociale. Il appelle ainsi la justice à se saisir de ce dossier afin que les auteurs répondent de leurs actes.
« Nous condamnons fermement ces actes de xénophobie et mettons en garde leurs auteurs, car nous sommes en train de collecter tous ces messages afin de les présenter à la justice », déclare-t-il.
Par ailleurs, la procureure générale près la Cour d’appel de l’Ituri avait déjà mis en garde contre la propagation des rumeurs et des fausses informations sur la maladie à Ebola, lesquelles entravent la riposte contre cette épidémie qui a déjà touché plus de 700 personnes en Ituri, faisant une centaine de morts.






