À Bunia, en Ituri, le parcours de Solange Vurasi illustre un dilemme de plus en plus fréquent : rester dans l’enseignement par vocation ou chercher ailleurs de meilleures conditions de vie.
Ancienne enseignante, cette mère de huit enfants raconte en ce 30 avril, jour dédié à l’enseignement, avoir fait un choix difficile : abandonner la craie pour se lancer dans le petit commerce. Aujourd’hui vendeuse de fruits au centre-ville, elle gagner affirme mieux sa vie qu’à l’époque où elle enseignait.
Une vocation confrontée à la réalité
Solange Vurasi a débuté sa carrière en 2017, après ses études, dans une école de Bunia. Elle explique que comme beaucoup d’enseignants, elle est entrée dans la profession avec passion et engagement.
Mais très vite, la réalité économique s’impose. Avec un salaire mensuel d’à peine 80 dollars, elle peine à subvenir aux besoins de sa famille. « Ce revenu ne suffisait pas, ni pour nourrir les enfants, ni pour payer leur scolarité », confie-t-elle.
Malgré quatre années de persévérance, sa situation se dégrade. Certains de ses enfants sont contraints d’abandonner l’école, faute de moyens.
Le choix de survivre
Face à ces difficultés, Solange Vurasi prend une décision radicale : quitter l’enseignement, un métier qu’elle dit pourtant toujours avoir aimé.
Elle se lance alors dans la vente de fruits. Un choix dicté par la nécessité, mais qui va transformer son quotidien. « Aujourd’hui, je m’en dors mieux », explique-t-elle.
Son activité commerciale lui permet désormais de subvenir aux besoins de sa famille, d’épargner, de construire une maison et même d’acheter une moto. Une stabilité qu’elle n’avait jamais connue en tant qu’enseignante.
Un attachement intact à l’enseignement
Malgré ce changement de cap, Solange Vurasi reste profondément attachée au métier d’enseignant. Pour elle, cette profession demeure essentielle au développement du pays.
Elle appelle ainsi les autorités à revaloriser le secteur, notamment à travers une des conditions salariales. « Les enseignants sont le socle du développement », insiste-t-elle.
Un phénomène préoccupant
Le cas de Solange Vurasi est loin d’être isolé. À Bunia comme en RDC, de nombreux enseignants quittent la profession, découragés par des conditions de travail précaires.
Un exode silencieux qui pose la question de l’avenir du système éducatif, au moment où la formation des jeunes générations reste un enjeu crucial pour le pays.






