L’AS Maniema Union traverse probablement sa zone de plus forte turbulence depuis le début de la saison. Il y a encore quelques semaines, le club de Kindu avançait avec l’assurance d’un sérieux candidat aux places africaines. Solides, disciplinés et efficaces, les Kambelembele avaient parfaitement lancé leurs Play-offs avec deux victoires convaincantes. Puis est arrivé le changement de cap. Et avec lui, le doute.
Depuis la nomination de Lassina Koné à la tête du staff technique, la mécanique unioniste semble s’être brutalement déréglée. Là où l’équipe dégageait de la maîtrise, elle affiche désormais de la fébrilité. Là où elle respirait la sérénité, elle laisse apparaître des fissures inquiétantes. En trois rencontres, Maniema Union a encaissé sept buts, après avoir terminé ses deux premiers matchs sans la moindre concession défensive. Un contraste violent, presque incompréhensible .
Trois défaites qui plongent le club dans la crise
La gifle reçue face à l’AS Simba (4-1) avait déjà sonné comme un avertissement. La défaite contre les Aigles du Congo (2-1) a confirmé le malaise. Celle concédée devant l’AS Vita Club (0-1) a fini par installer une véritable crise.
Trois revers consécutifs. Une sixième place au classement avec seulement six points en cinq journées. Et surtout, l’impression d’une équipe qui a perdu son fil conducteur au pire moment de la saison.
Une équipe méconnaissable
Plus préoccupant encore que les résultats, c’est le visage collectif affiché par les Unionistes qui interroge. Les lignes sont étirées, les automatismes brouillés, l’animation offensive manque de cohérence et la confiance semble s’évaporer semaine après semaine.
Maniema Union ne ressemble plus à cette équipe compacte et mature qui séduisait lors de la phase classique et au début des Play-offs. Les Kambelembelés jouent désormais avec le poids du doute, comme un groupe qui cherche encore ses repères alors que le championnat entre dans sa phase la plus impitoyable.
Lassina Koné déjà sous pression
Forcément, le choix Lassina Koné commence à susciter de sérieuses interrogations. Pour beaucoup d’observateurs comme pour une partie des supporters, ce changement d’entraîneur ressemble de plus en plus à un pari précipité.
Le technicien peine encore à imprimer sa patte, tandis que sa communication et son attitude sur le banc ne dégagent pas encore l’autorité capable de calmer la tempête. Ce qui devait insuffler un nouveau souffle donne aujourd’hui l’impression d’avoir déséquilibré un édifice qui fonctionnait jusque-là avec une certaine stabilité.
Le rêve africain en danger
Et le danger est immense pour le club de Kindu. Une absence de qualification africaine serait vécue comme un immense recul après les progrès réalisés ces dernières saisons et la campagne continentale encourageante disputée cette année.
Maniema Union avait progressivement construit l’image d’un club ambitieux, structuré et capable de rivaliser avec les grandes places fortes du football congolais. Voir ce projet vaciller maintenant aurait un goût d’inachevé.
Le temps presse au sein du club de Kindu
Le temps commence donc à manquer. Dans des Play-offs où chaque faux pas coûte cher, les doutes peuvent rapidement se transformer en panique. Lassina Koné joue déjà une partie importante de sa crédibilité, tandis que les joueurs sont désormais face à une obligation de réaction.
Car dans le football congolais, les dynamiques s’effondrent parfois aussi vite qu’elles s’étaient construites. Et à Kindu, le rêve africain commence dangereusement à s’éloigner.
Germain Ngoy






