La République démocratique du Congo (RDC) a porté son plaidoyer en faveur du respect du droit international et du rétablissement d’une paix durable dans l’Est du pays lors de la 51ᵉ session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), ouverte vendredi 10 juillet à Yaoundé, au Cameroun.
Conduite par les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, Aimé Boji Sangara et Jean-Michel Sama Lukonde, la délégation congolaise a mis à profit cette tribune francophone pour attirer l’attention des parlementaires sur la situation sécuritaire persistante dans l’Est de la RDC et sur ses conséquences humanitaires.
Prenant la parole devant les représentants des parlements francophones, Aimé Boji Sangara a déclaré ce qu’il qualifie de guerre d’agression dont la RDC est victime depuis plusieurs décennies. Il a appelé la communauté internationale à faire respecter les résolutions des Nations unies ainsi que les principes fondamentaux du droit international.
« Depuis trop longtemps, mon pays est victime d’une guerre d’agression dont les conséquences humanitaires sont parmi les plus tragiques de notre époque. Des millions de nos compatriotes vivent dans l’errance, des millions de civils ont perdu la vie, des femmes et des enfants continuent de subir des violences indicibles tandis que des communautés entières sont privées de leurs droits fondamentaux à vivre en paix sur leur propre terre », a-t-il déclaré.
Le président de l’Assemblée nationale a attribué cette situation à « une succession d’agressions de la RDC par le Rwanda depuis trois décennies » et a exhorté les partenaires internationaux à adopter une position plus ferme face aux violations de la souveraineté congolaise.
« Nous ne pouvons accepter que le Rwanda poursuive des opérations militaires sur le territoire de la RDC, en violation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies qui exigent le respect de notre souveraineté, la cessation de tout soutien aux groupes armés et le retrait sans condition des forces rwandaises de notre territoire », a-t-il affirmé.
Pour le chef de la délégation congolaise, la crédibilité du multilatéralisme dépend du respect des engagements pris par les États.
« Il ne peut exister de multilatéralisme crédible si les engagements internationaux peuvent être violés impunément. D’une seule voix, disons haut et fort que nos institutions multilatérales ne peuvent devenir des tribunes qui récompensent les agresseurs », a-t-il ajouté.
Appel à la solidarité face à Ebola
Au-delà des questions sécuritaires, Aimé Boji Sangara a également évoqué les défis sanitaires auxquels la RDC reste confrontée, notamment la résurgence de l’épidémie d’Ebola dans le nord-est du pays.
Il a appelé les États membres de la Francophonie à renforcer leur solidarité et leur coopération dans la lutte contre cette maladie, rappelant que la RDC dispose d’une expertise reconnue dans la gestion et la riposte aux épidémies d’Ebola.
Selon lui, la lutte contre les crises sanitaires, tout comme la recherche de la paix et de la stabilité, exige une mobilisation collective et une coopération internationale accrue.
La participation de la RDC à cette 51ᵉ session de l’APF intervient dans un contexte marqué par la poursuite des efforts diplomatiques de Kinshasa pour obtenir un soutien plus fort de la communauté internationale en faveur de la paix, de la sécurité et du respect de sa souveraineté territoriale.





