La crise sanitaire liée à la maladie à virus Ebola ébranle profondément le système de santé dans la province de l’Ituri. Au-delà de la virulence de l’épidémie, la prise en charge des plus jeunes patients se heurte à une insuffisance criante d’infrastructures spécialisées.
Parallèlement, une psychose s’est installée au sein des communautés, entraînant une baisse drastique de la fréquentation des hôpitaux par les femmes enceintes. Au terme de sa mission ce jeudi 9 juillet, le directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Gilles Fagninou, a tiré la sonnette d’alarme. Il a appelé à un renforcement urgent des soins de santé primaires.
Une seule crèche pédiatrique pour toute la région de Bunia
À ce jour, la ville de Bunia ne dispose que d’une unique crèche spécialisée, installée au Centre de traitement du Centre médical évangélique (CME). Ce service accueille les nourrissons et les jeunes enfants infectés par le virus ou laissés orphelins par la maladie. Les équipes médicales y ont célébré des victoires notables, à l’instar de la guérison récente de deux bébés âgés de trois et neuf mois. Cependant, la structure est aujourd’hui saturée.
Gilles Fagninou plaide pour une extension rapide de la capacité d’accueil pédiatrique :
« Les crèches, on en a besoin de beaucoup plus parce qu’il y a beaucoup plus d’enfants qui n’ont pas la chance de profiter de ce type d’accueil ».
Chute libre des accouchements médicaux et hausse de la mortalité maternelle
L’autre conséquence dramatique de cette épidémie est la désertion des structures sanitaires par la population, terrifiée à l’idée d’une contamination croisée. Le secteur de la maternité paye le tribut le plus lourd. À Bunia, le nombre d’accouchements assistés en milieu médical a connu un effondrement spectaculaire, passant d’une moyenne de 130 à seulement 30 par mois.
Cette situation a provoqué une recrudescence inquiétante des cas de mortalité maternelle, liée aux accouchements à domicile sans assistance qualifiée. L’UNICEF appelle à une analyse rigoureuse des données pour redresser la barre au plus vite :
« Il est important qu’on revoie bien ces statistiques et qu’on se pose des questions de continuité de services, de s’assurer que les services dont les enfants ont besoin, dont les femmes ont besoin, dont la communauté a besoin, aujourd’hui on ne peut pas laisser tomber, on risque de régresser ».
Ne pas sacrifier les autres priorités sanitaires
En guise de conclusion, le haut responsable onusien a rappelé au Gouvernement congolais et à ses partenaires que la concentration des ressources sur la riposte contre Ebola ne doit pas occulter les autres batailles de santé publique.
L’UNICEF insiste sur la nécessité absolue de maintenir la vaccination de routine et de poursuivre activement la lutte contre le choléra et la poliomyélite, des secteurs où des progrès significatifs avaient été consolidés avant l’apparition de la 17ème épidémie.






