La République démocratique du Congo compte désormais environ 6,47 millions de personnes déplacées internes sur une population estimée à 113 millions d’habitants.
Ce chiffre place le pays au cinquième rang mondial des États comprenant le plus grand nombre de déplacés, derrière le Soudan, la Syrie, l’Afghanistan et l’Ukraine, selon les Nations unies.
Une crise aggravée par les conflits dans l’Est
Dans une publication sur son site lundi 27 avril, l’ONU souligne que la situation humanitaire s’est fortement détériorée depuis plus d’un an, notamment dans l’Est du pays. Les affrontements armés au Nord-Kivu ont provoqué d’importants mouvements de population.
Entre janvier et février 2025, plus de 700 000 personnes ont fui les combats liés aux offensives du M23 autour de Goma, Bukavu, Masisi, Sake et Minova, rapporteur des experts onusiens et des agences humanitaires.
Jusqu’à 9 millions de déplacés d’ici fin 2026
Si les violences se poursuivent au rythme actuel, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) estime que la RDC pourrait compter 9 millions de déplacés internes d’ici fin 2026.
La crise touche également la sécurité alimentaire. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), un Congolais sur quatre, soit environ 26,6 millions de personnes, ne parvient pas à couvrir ses besoins alimentaires de base.
Par ailleurs, 6,4 millions de personnes souffrent de malnutrition aiguë, un niveau qui reste identique depuis deux décennies.
Mortalité maternelle et infantile
Les indicateurs sanitaires restent alarmants. L’ONU indique que quatre femmes meurent à chaque heure en accouchant ou des suites de complications liées à la grossesse.
La RDC affiche aussi l’un des taux de mortalité infantile les plus élevés au monde, note l’ONU.
Outre les conflits, le pays fait face aux effets du changement climatique et aux épidémies. En 2024, les pires inondations enregistrées depuis 60 ans ont détruit ou endommagé 100 000 habitations, 1 325 écoles et 267 centres de santé.
Environ deux millions de personnes, dont près de 60 % d’enfants, ont alors eu besoin d’une assistance humanitaire.
La RDC reste également confrontée à des flambées récurrentes de choléra, favorisées par le manque d’infrastructures, l’accès limité aux soins et une faible couverture vaccinale.






