Une mutinerie de militaires détenus s’est produite vendredi dans la prison urbaine de Kangbayi, à Beni, a provoqué d’importants dégâts matériels et perturbé le dispositif de sécurité de cet établissement pénitentiaire déjà confronté à une forte surpopulation carcérale.
Selon des sources militaires, les violences auraient éclaté à la suite des revendications liées au paiement des soldes des militaires détenus incarcérés. Le processus de paiement se poursuivrait encore ce samedi après-midi, avec au moins 440 militaires détenus concernés par cette opération.
D’après des sources pénitentiaires, plusieurs infrastructures de la prison ont été endommagées lors de la mutinerie. Une partie de la toiture et du plafond d’une cellule a subi des dégâts importants. Des mutins ont également incendié plusieurs matelas ainsi que la salle de consultation destinée aux détenus malades.
Les actes de vandalisme ont également touché l’administration de la prison. Le bureau du directeur a été saccagé et plusieurs documents administratifs ont été détruits, compliquant davantage le fonctionnement de l’établissement.
Sur le plan sécuritaire, les dégâts sont tout aussi considérables. Les mutins détenus ont détruit cinq caméras de vidéosurveillance, deux écrans de contrôle, sept projecteurs d’éclairage, quatre détecteurs de métaux ainsi qu’un miroir d’inspection des véhicules. À la suite de ces destructions, le système de vidéosurveillance de la prison est désormais hors service, selon les mêmes sources.
Cette situation suscite des inquiétudes quant à la sécurité au sein de la prison de Kangbayi, qui accueille actuellement 2 069 détenus alors qu’elle a été construite pour une capacité de seulement 250 personnes. Parmi les pensionnaires figurent plusieurs centaines de militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ainsi qu’environ 300 membres présumés de groupes armés, notamment des combattants présumés des Forces démocratiques alliées (ADF).
Les autorités continuent l’évaluation des dégâts tandis que des mesures sont attendues pour rétablir les dispositifs de sécurité endommagés et prévenir de nouveaux incidents dans cette prison confrontée à une surpopulation chronique.





