Le nul (1-1) face au Portugal a sans doute ragaillardi les Léopards et boosté leur confiance, mais il ne devrait pas, pour autant, les endormir. Le prochain défi contre la Colombie est aussi relevé qu’il faudrait vite sortir de l’euphorie et s’y préparer avec soin.
Ce 24 juin, la RDC va livrer un match décisif pour sa qualification aux 16es de finale de la Coupe du Monde, ce qui serait indubitablement un exploit majuscule pour une sélection qui retrouve la compétition 52 ans après. La Colombie est 13e au dernier classement FIFA et une équipe qui a mûri en maturité, alliant l’expérience des anciens comme James Rodriguez et Luis Diaz et la fougue de la nouvelle génération. Voici 4 raisons pour lesquelles il va falloir s’en méfier même après avoir tenu tête au Portugal;
Une équipe difficile à analyser.
Contrairement au Portugal qui cherche généralement à contrôler le ballon, construire de derrière et imposer sa qualité technique grâce à un milieu de terrain costaud, la Colombie, elle, joue de plusieurs façons, ce qui en fait une équipe au jeu difficile à cerner. Un temps, ça joue sur la possession, un autre sur les transitions rapides, parfois en attaquant les côtés. C’est une équipe qui s’adapte davantage à l’adversaire que le Portugal.
Consciente de ses qualités, elle peut se déployer dans un 4-3-3 classique, et face à des adversaires plus forts, accepter délibérément de souffrir pour procéder en contre-attaque. Là aussi, les Colombiens sont dangereux grâce à James Rodriguez et ses passes qui casses les lignes.
Un jeu moins spectaculaire mais plus pragmatique
La Colombie cherche surtout l’efficacité; marquer et à ne pas encaisser quoiqu’il en coûte. Les équipes sud-américaines donnent parfois l’impression de moins maîtriser le match, mais savent survivre aux temps faibles. Pas besoin de dominer 90 minutes pour gagner. Les Léopards ont montré contre le Portugal qu’ils ont des atouts pour rivaliser techniquement et tactiquement, dans l’intensité et les duels corps à corps. Face à la Colombie, c’est un autre registre de jeu qui exigera maîtrise émotionnelle et réalisme.
Le danger peut jaillir de partout
La Colombie possède plusieurs profils imprévisibles, même si la grande attraction de l’équipe est Luis Diaz. L’attaquant du Bayern Munich est doté d’une technique et d’une facilité à dribbler absolument terrifiantes. Mais il ne faut pas se tromper; cette sélection a des joueurs rodés au dépassement des fonction. À côté d’un James Rodriguez capable de distiller des passes venues de nulle part, il y a le latéral Daniel Muñoz qui peut surgir comme attaquant, un défenseur central peut s’improviser sur corner et marquer.
Spécialiste des matchs hachés
Comme plusieurs sélections sud-américaines, la Colombie est toute aussi à l’aise lorsqu’il faut imprimer un faux rythme sur le match, hacher le jeu pour piéger et fatiguer l’adversaire. C’est souvent par des fautes tactiques, la provocation, ou encore la gestion du temps, la spéciale en Amérique Latine et au Maghreb. Aux Léopards de rester concentrés sur chaque minute et garder leur sang froid peu importe la tournure du match. À l’analyser de près, ce duel est susceptible de se décider davantage sur les détails; coups de pieds arrêtés, carton rouge, faute individuelle…
Isaac BAMPENDE




