À Eringeti, localité située à 60 kilomètres au nord de la ville de Beni (Nord-Kivu), environ trois cent cinquante-deux enfants sont nés de grossesses à cause de violences sexuelles perpétrées par des membres de groupes armés encore actifs dans la région. Une réalité préoccupante qui, selon les responsables locaux du service du genre, famille et enfant, fragilise de nombreux ménages et nécessite une intervention urgente du gouvernement ainsi que des organismes de protection des droits de l’enfant.
Ce tableau alarmant a été présenté mardi 21 avril au chef de la MONUSCO, James Swan, en visite à Eringeti. À cette occasion, il a échangé avec différents canapés de la communauté sur les défis sécuritaires et humanitaires auxquels fait face la population locale.
Abandonnés par les deux parents
Selon la cheffe du bureau du Genre, Famille et Enfant du groupement de Bambuba Kisiki, Katungu Rehema, la majorité de ces enfants sont abandonnés par leurs mères, elles-mêmes victimes de traumatismes profonds liés aux violences subies. Beaucoup vivent actuellement au sein de familles d’accueil, sans bénéficier d’une prise en charge adaptée à leurs besoins.
Katungu Rehema insiste sur la nécessité d’un accompagnement conséquent, tant pour les enfants que pour leurs mères :
« Ici, les femmes subissent des conséquences terribles de la guerre : des grossesses non désirées, la mort des enfants, le manque de soins pour les femmes et leurs bébés. Certaines n’ont même pas des habitudes. Il y a de nombreux orphelins, des veuves, et plusieurs enfants nés des violences sexuelles commises par les groupes armés. À Eringeti seulement, nous comptons près de trois cent cinquante-deux enfants issus de ces grossesses. Comment ces enfants vont-ils vivre sans connaître l’identité de leurs parents ? Nous appelons le Gouvernement et les organismes de protection des droits des enfants à intervenir pour nous venir en aide. »
Elle précise que les cas les plus signalés concernent le groupement de Bambuba Kisiki, dans le territoire de Beni, mais aussi les localités d’Idohu, Mambelenga et Ndalya, dans la province voisine de l’Ituri. Il s’agit de zones que plusieurs familles ont fuies pour se réfugier à Eringeti, en raison de l’insécurité persistante.






