La campagne de démolition des constructions jugées anarchiques se poursuit à Kinshasa, suscitant colère, incompréhension et inquiétude parmi les personnes affectées. Après le marché Bayaka, dans la commune de Ngiri-Ngiri, les bulldozers sont intervenus au marché de l’UPN, situé dans la commune de Ngaliema. En l’espace de deux jours, plusieurs bâtiments ont été réduits en gravats. Des commerçants affirment cependant n’avoir eu ni le temps de récupérer leurs marchandises ni les informations nécessaires pour se préparer à cette opération.
Au marché de l’UPN, les traces de la démolition sont visibles partout. Devantures éventrées, étals détruits et marchandises ensevelies sous les décombres témoignent de l’ampleur des dégâts. Pour de nombreux vendeurs, le choc reste difficile à surmonter.
« Je suis parmi les victimes ici. L’un d’entre nous a même fait une crise lorsqu’il a découvert que son établissement avait été démoli », témoigne un commerçant victime de l’opération.
À quelques semaines de la rentrée scolaire, cette situation représente un coup dur pour de nombreuses familles. Beaucoup comptaient sur les revenus de leurs activités commerciales pour faire face aux dépenses du ménage et aux frais de scolarité de leurs enfants.
« Notre plus grand regret, c’est que la rentrée scolaire approche. On ne nous a même pas laissé le temps de faire sortir nos marchandises », déplore un autre vendeur.
Au-delà des pertes matérielles, plusieurs occupants dénoncent un manque d’information autour de cette opération. Certains affirment avoir été surpris par l’arrivée des engins de démolition et regrettent l’absence d’un délai suffisant pour prendre les dispositions nécessaires.
« Franchement, nous n’avions pas été suffisamment informés. Nous avons été surpris. Aujourd’hui, on nous parle de la construction d’un nouveau marché, mais nous restons dans l’incertitude », confie une commerçante.
Entre incompréhension, inquiétude et attentes, les victimes espèrent désormais des explications claires ainsi que des mesures concrètes de la part des autorités provinciales. Derrière les bâtiments détruits, ce sont également des dizaines d’activités économiques et des moyens de subsistance qui se retrouvent aujourd’hui suspendus à l’annonce d’une solution.
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