De plus en plus de jeunes s’improvisent laveurs de véhicules en bordure de route à Mbuji-Mayi, dans le Kasaï-Central. Pour certains, cette activité représente bien plus qu’un simple gagne-pain : c’est une alternative au chômage et à l’oisiveté.
Dans la matinée de ce 8 juin, le reporter de Radio Okapi a observé une activité intense sur l’avenue Cathédrale, à proximité du rond-point de l’Indépendance. Autour des véhicules, plusieurs jeunes se répartissaient les tâches : l’un projetait de l’eau sous pression, un autre nettoyait la carrosserie tandis qu’un troisième assurait les finitions. Sous un soleil de plomb, tous poursuivaient le même objectif : « gagner honnêtement leur vie ».
« Au lieu de voler, j’ai choisi de travailler »
Parmi eux, Adolphe Kabuetela dit avoir trouvé dans cette activité un moyen de financer ses études et de subvenir à ses besoins.
« C’est mon travail, ma propre entreprise. Je n’ai pas trouvé du travail ailleurs. Au lieu de voler ou de frapper quelqu’un, j’ai choisi ça », confie-t-il.
Comme lui, de nombreux jeunes voient dans le lavage automobile une opportunité d’entreprendre sans attendre un emploi formel devenu rare.
La multiplication des points de lavage fait également le bonheur des propriétaires de véhicules et des motocyclistes. Autrefois limitée à quelques stations bien identifiées, l’offre s’est considérablement développée, entraînant une concurrence qui rend les prix plus abordables.
Rencontré sur place, Jean Mbuyi se dit satisfait des prestations offertes.
« Nous sommes contents du travail effectué parce qu’ils le font bien. Cela nous permet d’utiliser des moteurs propres », témoigne-t-il.
Défis d’encadrement
Si cette activité est saluée comme un exemple de débrouillardise, elle soulève néanmoins certaines préoccupations. Les laveurs occupent souvent les trottoirs ou les accotements des routes, parfois sans aménagement adéquat.
Pour Joseph Kanyana, les autorités municipales devraient mieux encadrer le phénomène afin d’éviter d’éventuels impacts sur les infrastructures publiques.
« Nous exigeons au maire de la ville et à son cabinet de descendre sur le terrain pour les orienter. Avec les produits qu’ils utilisent, cela pourrait, à la longue, endommager la route », estime-t-il.
Face à l’essor de ces mini-entreprises de rue, plusieurs observateurs plaident pour une régulation qui permette à la fois de préserver l’espace public et de soutenir ces jeunes entrepreneurs.
Pour beaucoup d’entre eux, le lavage de véhicules n’est pas une mode passagère. C’est une activité qui leur offre une dignité, des revenus et l’espoir de construire un avenir dans une ville où les opportunités d’emploi restent limitées.





