Le véritable suspense de cette assemblée élective aura finalement concerné l’heure du début du vote. Pour le reste, l’issue semblait connue bien avant l’ouverture des urnes. Unique candidat en lice pour la présidence du comité exécutif de la Fédération Congolaise de Football Association, Véron Mosengo Omba a été élu le mercredi 20 mai 2026 au salon Congo de l’hôtel Pullman de Kinshasa.
Dans une ambiance mêlant protocole, attentes feutrées et formalité institutionnelle , l’ancien secrétaire général de la CAF n’avait qu’une seule mission; atteindre la majorité requise pour valider une victoire qui ne faisait guère de doute. Une formalité remplie sans véritable opposition, dans un scrutin aux allures presque soviétiques tant le scénario semblait écrit d’avance.
Un vote largement acquis
Sur les 68 votants attendus, 65 délégués ont effectivement pris part aux assises. Les absents provenaient des ligues du Kasaï. Au terme du vote, 60 délégués ont accordé leurs suffrages à Véron Mosengo Omba, contre trois voix défavorables et deux abstentions. Des chiffres qui traduisent moins une bataille électorale qu’une validation institutionnelle déjà largement acquise avant même le scrutin.
La fin du CONOR et un nouveau cycle
Cette élection marque surtout la fin de trois années de gestion transitoire sous le comité de normalisation installé par la FIFA pour tenter de remettre de l’ordre dans le football congolais. Avec l’arrivée de Véron Mosengo Omba, la FECOFA tourne officiellement la page du CONOR et ouvre un nouveau cycle de gouvernance.
Le nouveau président succède ainsi à Constant Omari Selemani pour un mandat de quatre ans, avec la lourde responsabilité de restaurer la crédibilité d’une institution fragilisée par les crises administratives, les tensions internes et les polémiques à répétition.
Un héritage lourd à porter
Car derrière l’apparente stabilité de cette élection se cache une réalité beaucoup plus complexe. Véron Mosengo hérite d’une maison fissurée, où les compétitions nationales sont régulièrement contestées, la gouvernance souvent critiquée et les attentes immenses autour du redressement du football congolais.
La Linafoot peine encore à convaincre sur le plan organisationnel, les infrastructures restent insuffisantes et les conflits de gestion continuent d’éroder la confiance des acteurs du football local. À cela s’ajoute l’éternelle pression populaire autour des Léopards et des résultats sportifs
Entre continuité et obligation de résultats
L’arrivée de Véron Mosengo Omba s’inscrit dans une forme de continuité institutionnelle. Son expérience dans les sphères du football africain constitue un atout évident pour une fédération en quête de stabilité et de crédibilité internationale.
Mais dans un football congolais où le s promesses s’usent souvent plus vite que les mandats, le nouveau président sera rapidement attendu sur des résultats concrets. Réforme de la gouvernance, assainissement des compétitions, relance du football des jeunes, professionnalisation des structures, les chantiers sont nombreux et le temps de grâce sera probablement très court .
Car au-delà du score écrasant de cette élection, une autre bataille commence désormais pour Véron Mosengo Omba , convaincre que ce sacre sans adversaire peut réellement ouvrir une nouvelle ère pour le football congolais.
Jérémie Ngeleka






