La lutte contre la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo entre dans une phase décisive. Face à la propagation de la souche Bundibugyo, pour laquelle aucun vaccin n’existe encore, la communauté internationale se mobilise pour mettre au point un vaccin capable de sauver des vies, a annoncé, mardi 19 mai, le directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), le Dr Jean Kaseya.
Lors d’une conférence de presse à Kinshasa, le directeur général du CDC Afrique a déclaré que les recherches sur un vaccin contre la souche Bundibugyo du virus Ebola sont déjà avancées, mais plusieurs étapes réglementaires doivent encore être franchies. Résultat : aucun vaccin ne devrait être disponible avant quatre à cinq mois.
Trois vaccins en développement
Le Dr Jean Kaseya explique que trois pistes sont actuellement explorées :
Hervé Beaumère — développé en France Vaccin Shadox — développé au Royaume-Uni. Vaccin VSV-BD-BV — développé au Texas.
Ces trois candidats vaccins constituent aujourd’hui les principales armes scientifiques contre la souche Bundibugyo, identifiée depuis 18 ans mais toujours sans solution préventive.
Une inégalité prononcée
Le Dr Kaseya pointe une iniquité mondiale dans la réponse aux crises sanitaires :
« Si cette épidémie était en Europe ou aux États-Unis, on aurait déjà eu des vaccins disponibles. C’est cela l’iniquité dont on parle ».
Cette déclaration relance le débat sur la capacité de l’Afrique à produire ses propres vaccins et médicaments.
L’Afrique veut produire ses propres vaccins
L’Union africaine a mandaté l’Africa CDC pour diriger l’agenda continental de fabrication de vaccins et de médicaments. Le Dr Kaseya rappelle un fait frappant :
« Seuls cinq pays au monde fabriquent des API (Active Pharmaceutical Ingredients), les ingrédients pharmaceutiques actifs. La Chine en produit plus de 90 %. En Afrique, la RDC, via Pharmakina, est la seule industrie pharmaceutique du continent à produire des API pour la malaria ».
Cette réalité souligne l’urgence de renforcer l’autonomie sanitaire africaine, estime le directeur général d’Africa CDC.






