Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a donné de nouvelles instructions visant à mettre fin à l’implication illégale des hommes en uniforme dans l’exploitation minière en République démocratique du Congo. La décision a été annoncée, vendredi 10 juillet à l’issue du dernier Conseil des ministres.
Selon le compte rendu présenté par le porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, le chef de l’État a ordonné le retrait immédiat des militaires et policiers présents sur les sites miniers en dehors des missions prévues par la loi.
Cette mesure s’inscrit dans la volonté des autorités de renforcer la gouvernance du secteur minier, de lutter contre la fraude et d’assurer une exploitation des ressources naturelles conforme aux normes nationales et internationales.
Mettre fin aux pratiques qui ternissent l’image du pays
D’après Patrick Muyaya, le Président de la République considère que la présence illégale d’éléments des forces de défense et de sécurité dans les zones minières nuit gravement aux efforts entrepris pour assainir le secteur.
« Une telle situation entretient des perceptions négatives sur la gouvernance de nos ressources naturelles, fragilise les mécanismes de contrôle, favorise les circuits illicites et compromet les efforts déployés par le gouvernement en faveur d’une exploitation responsable, transparente et conforme aux normes internationales », a déclaré le porte-parole du gouvernement.
Pour Félix Tshisekedi, il est impératif de mettre un terme à ces comportements qui portent atteinte à l’autorité de l’État, à l’image de la RDC ainsi qu’à la crédibilité des réformes engagées dans le secteur minier.
Une menace pour la sécurité et les investissements
Le chef de l’État estime également que la militarisation illégale des sites d’exploitation entraîne des conséquences directes sur les activités minières et sur le climat des affaires.
Selon le compte rendu du Conseil des ministres, cette situation entraîne notamment la privation de la jouissance paisible des droits miniers par leurs titulaires légitimes, l’insécurité dans les zones d’exploitation, ainsi que des actes d’intimidation, de tracasseries et d’extorsions visant les services de l’État, les opérateurs miniers et les communautés locales.
Les autorités pointent également des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement et de traçabilité des minéraux, favorisant le développement de réseaux de fraude, de contrebande et d’enrichissement illicite.
« Il est hors de question de laisser de tels agissements préoccupants porter gravement atteinte à l’autorité de l’État, à l’image de notre pays, à la crédibilité des réformes engagées dans le secteur minier, ainsi qu’à la confiance des investisseurs et des partenaires nationaux et internationaux », a insisté Patrick Muyaya.
Vers un meilleur contrôle du secteur minier
À travers cette décision, le Gouvernement entend consolider les mécanismes de contrôle et promouvoir une gestion plus transparente des ressources minières, secteur stratégique pour l’économie congolaise.
Le retrait des militaires et policiers déployés en dehors du cadre légal devrait permettre de renforcer l’autorité des institutions compétentes, d’améliorer la traçabilité des minéraux et de rassurer les investisseurs sur l’engagement des autorités à faire respecter les règles de gouvernance dans l’industrie extractive.
Cette nouvelle directive présidentielle marque une étape supplémentaire dans les efforts de réforme du secteur minier congolais, régulièrement confronté aux défis liés à l’exploitation illicite des ressources naturelles et à la fraude.






