Le gouverneur de province de l’Ituri, le général Gaby Kasongo, appelle les quelque 50 000 habitants de Bule, déplacés depuis plusieurs mois sur le site de la plaine de Savo, à regagner leurs domiciles. Il a lancé cet appel mardi 11 août, lors de sa première visite dans ce centre commercial, déserté depuis près de huit mois.
Mais les déplacés conditionnent leur retour à l’amélioration de la sécurité, notamment au remplacement des militaires déployés dans leur localité, qu’ils accusent de graves violations des droits de l’homme.
Huit mois loin de Bule
Depuis novembre 2025, les habitants de Bule vivent sur le site de déplacés de la plaine de Savo, situé à environ cinq kilomètres de leur localité. Ils avaient fui les affrontements récurrents entre les FARDC et la milice Convention pour la révolution populaire (CRP).
Pris entre les deux camps, ces habitants ont abandonné leurs maisons et leurs activités pour se réfugier sur ce site, où les conditions de vie demeurent précaires.
Lors de sa visite à Bule, le général Gaby Kasongo a exhorté la population à rentrer chez elle.
« Peuple de Bule, que chacun retourne à sa maison. Signalez les menaces et les comportements suspects », avait-t-il demandé.
Les habitants déplacés affirment toutefois ne pas se sentir suffisamment en sécurité pour regagner Bule. Ils accusent certains militaires présents dans la zone de meurtres, de pillages et d’arrestations arbitraires.
Selon eux, des civils seraient également régulièrement assimilés, à tort, aux combattants de la CRP.
Un responsable du site de déplacés estime que le remplacement des militaires actuellement déployés à Bule pourrait faciliter le retour de la population.
« Ils ne sont pas prêts à revenir. Si on récupérait ces militaires et qu’on les remettait à Fataki ou à Djugu, là, le retour pourrait être facile », explique-t-il.
Le retour des habitants reste donc lié, selon les déplacés, à des garanties de sécurité et à la fin des abus qu’ils disent subir.
Le gouverneur de l’Ituri a par ailleurs mis en garde certains acteurs politiques qu’il accuse d’instrumentaliser la population à des fins personnelles et de freiner les efforts visant à favoriser le retour à la paix dans la région.




