La distribution des vivres du Programme alimentaire mondial (PAM) en faveur des déplacés du site de Savo a débuté ce lundi à Bule, à près de 100 kilomètres de Bunia, dans le territoire de Djugu (Ituri). Depuis les premières heures de la matinée, des milliers de bénéficiaires ont convergé vers la paroisse catholique de Bule pour recevoir leur ration alimentaire.
Dès deux heures du matin, femmes, hommes et enfants ont envahi la cour de la paroisse où se déroule l’opération. Une longue attente s’est installée dans l’espoir de bénéficier de cette assistance destinée aux populations ayant fui les violences armées dans la région.
Le site de déplacés de Savo accueille aujourd’hui plus de 80 000 personnes contraintes d’abandonner leurs villages à la suite de l’insécurité persistante dans plusieurs localités du territoire de Djugu. Cette forte affluence préoccupe néanmoins les responsables locaux en raison du risque sanitaire qu’elle représente.
Le curé de la paroisse catholique de Bule, l’abbé Dieudonné Dz’rodjo, redoute particulièrement les conséquences de ces importants regroupements alors que plusieurs localités voisines, notamment Nizi, Lopa, Lindji et Iga-Barrière, figurent parmi les zones affectées par l’épidémie d’Ebola.
Selon le responsable religieux, les mesures de prévention mises en place restent insuffisantes face à l’ampleur de la mobilisation. Il cite notamment le manque de dispositifs de désinfection et de points de lavage des mains, essentiels pour limiter la propagation de la maladie dans un contexte de forte concentration humaine.
Pour l’abbé Dieudonné Dz’rodjo, cependant, la réponse durable à la crise ne se limite pas à l’assistance humanitaire. Il estime que le véritable défi demeure le rétablissement de la paix dans le territoire de Djugu. Selon lui, seule une amélioration de la situation sécuritaire permettra aux déplacés de regagner leurs villages, de reprendre leurs activités agricoles et de subvenir eux-mêmes aux besoins de leurs familles.
Le responsable religieux souligne également que le retour des populations dans leurs zones d’origine contribuerait à réduire la dépendance à l’aide humanitaire ainsi que les rassemblements massifs dans les sites de déplacés, où les risques sanitaires restent particulièrement élevés.
Alors que les opérations de distribution se poursuivent, les autorités locales et les acteurs humanitaires sont appelés à renforcer les mesures de prévention contre Ebola tout en poursuivant les efforts en faveur du retour de la stabilité dans cette partie de l’Ituri.






