À Matadi, dans la province du Kongo-Central, la Journée nationale de l’enseignement, célébrée chaque 30 avril, met à l’honneur celles et ceux qui façonnent les générations. Au collège Ntetembwa, derrière les tableaux et les cahiers, une figure incarne cette fidélité au métier : le professeur Kalonji Nsenga.
À 63 ans, dont plus de 37 passés à enseigner, cet homme au parcours discret mais inspirant continue de transmettre le savoir avec une constance remarquable.
Une vocation née sur les bancs de l’école
Pour Kalonji Nsenga, tout commence très tôt. Encore élève en primaire, il se découvre déjà une âme d’enseignant. « Quand j’étais en deuxième primaire, j’encadrais déjà les élèves de première », raconte-t-il.
S’il a un temps rêvé de devenir médecin, la vie en a décidé autrement. « Le destin m’a rattrapé », dit-il avec simplicité. Depuis, il n’a jamais quitté la salle de classe.
Aujourd’hui professeur de français en 8e année au collège Ntetembwa, il incarne cette génération d’enseignants pour qui transmettre est avant tout une mission.
La fierté au-delà des difficultés
Dans un contexte où les conditions socioprofessionnelles restent difficiles, Kalonji Nsenga ne cache pas les réalités du métier. Mais pour lui, l’essentiel est ailleurs.
« Nous ne sommes peut-être pas bien payés, mais lorsque je vois mes élèves devenir magistrats, ministres ou journalistes, c’est ça notre fierté », confie-t-il.
Une reconnaissance silencieuse, mais puissante, qui nourrit sa motivation au quotidien.
Une passion qui traverse les générations
Au collège Ntetembwa, cette passion ne s’éteint pas avec le temps. Elle se transmet. Daniel Soko, jeune enseignant d’anglais dans la vingtaine, en est l’illustration.
Pour lui, enseigner relève d’un engagement personnel : « Quand on connaît quelque chose, on a envie de le partager. Ce n’est pas d’abord pour bien vivre, c’est avant tout une passion. Et en enseignant, on apprend aussi soi-même. »
Un regard tourné vers l’avenir
Après près de quatre décennies passées à l’ancien des élèves, Kalonji Nsenga garde une vision lucide et engagée. Il souhaite voir l’enseignement en République démocratique du Congo évoluer pour mieux répondre aux besoins de la jeunesse.
En cette Journée nationale de l’enseignement, son parcours rappelle que derrière chaque tableau noir se cache une histoire de concentration. Celle d’un homme qui, depuis plus de 37 ans, continue de croire que l’éducation reste l’un des piliers les plus solides pour construire l’avenir.






