Le mouvement de grève des médecins s’est durci de manière significative dans plusieurs villes du pays notamment Kinshasa, plongeant les malades et leurs proches dans le désarroi le plus total. Désormais, même certains cas d’urgence, y compris les femmes enceintes, se voient refuser l’accès aux soins dans plusieurs grands établissements de l’État, à l’instar de l’Hôpital général de référence de Kinshasa et de la Clinique Ngaliema, rapportent plusieurs témoignages.
Lancé au début du mois de juillet 2026 par le Syndicat libre des médecins (SYLIMED) et d’autres structures syndicales comme le SYNAMED, ce mouvement a franchi un palier supérieur avec l’activation de l’opération « Hôpitaux sans médecins ». Alors que la grève avait débuté par une prise en charge minimale des urgences, cette radicalisation marque une cessation presque totale de l’activité médicale.
Sur le terrain, les conséquences de ce débrayage sont dramatiques.
Des couloirs vides dans plusieurs hôpitaux, a constaté en fin de semaine, le reporter de Radio Okapi. Seuls les infirmiers restent visibles dans les structures publiques, mais leurs compétences limitées sans la présence des médecins laissent les patients hospitalisés à leur triste sort.
Les services non urgents sont totalement paralysés et de nombreuses familles sont stoppées net dès l’entrée des hôpitaux.
Faute de recevoir des soins appropriés, certains patients hospitalisés prennent la décision de quitter leur lit d’hôpital par dépit, à l’image d’un patient souffrant d’asthénie sévère qui a choisi de plier bagage.
Un impact financier et sanitaire lourd pour les ménages
Face aux portes closes des hôpitaux de l’État, les familles kinoises se retrouvent prises au piège d’un dilemme financier et sanitaire. Pour espérer sauver leurs proches, de nombreux ménages n’ont d’autre choix que de se tourner vers des structures de santé privées, dont les tarifs s’avèrent nettement plus coûteux et souvent inaccessibles pour la majorité de la population.
Pour les familles les plus démunies, la seule alternative reste le renoncement pur et simple aux soins médicaux. Cette situation fait peser une menace critique et immédiate sur la santé publique dans la capitale, accentuant les risques de complications graves et de mortalité évitable.






