Les travaux de modernisation des routes nationales numéros 5 (RN5) et 30 (RN30) ont probablement repris il y a deux semaines dans la province du Sud-Kivu. Brutalement interrompues après des pillages de matériaux et d’engins de chantier lors de l’occupation éphémère de la ville d’Uvira par les rebelles de l’AFC-M23, la reprise de ces chantiers stratégiques suscitent une immense détente au sein de la population locale.
La relance de ces deux infrastructures routières revêt un enjeu économique majeur. Ces voies de communication ne désenclavent pas seulement la région, elles constituent un véritable cordon ombilical facilitant le trafic transfrontalier entre la République Démocratique du Congo et cinq pays limitrophes : le Burundi, le Rwanda, l’Ouganda, la Tanzanie et la Zambie.
Sur le terrain, les moteurs sont de nouveaux en activité. Le bitumage a repris sur la RN5, plus précisément sur le tronçon dépendant du Pont Kavimvira au quartier Mulongwe, un chantier entièrement pris en charge par le gouvernement central. En parallèle, les équipes s’activent sur la RN30 pour la phase d’aménagement des caniveaux, allant de Kavimvira jusqu’à la frontière congolo-burundaise. Ce deuxième volet bénéficie, quant à lui, d’un financement de l’Union européenne.
Un levier de désenclavement pour plusieurs territoires
Pour l’administrateur du territoire d’Uvira, Jean de Dieu Mabiswa, la modernisation de ces deux axes est une victoire pour le développement régional. Elle va permettre de désenclaver non seulement son entité, mais aussi les territoires voisins de Fizi et de Mwenga, jusqu’à s’ouvrir sur Kindu dans la province du Maniema.
Cependant, sur le plan logistique, la situation présente des réalités différentes selon les sources de financement. Dominique Kalonzo, un habitant d’Uvira, constate une nette différence dans l’exécution des travaux :
« Les travaux de modernisation de la RN30, financés par l’Union Européenne, ne souffrent d’aucun problème de liquidité. Ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas pour la RN5, dont le financement dépend directement des décaissements du gouvernement congolais ».
Malgré ces défis budgétaires, la reprise effective des chantiers redonne une lueur d’espoir aux opérateurs économiques et aux usagers de la route, qui espèrent voir ces travaux arriver rapidement à leur terme.




