Le neuvième tour des discussions entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 s’est clôturé ce vendredi à Montreux, en Suisse. Si des avancées significatives ont été enregistrées sur la libération des détenus et le suivi du cessez-le-feu, des points de blocage majeurs subsistants concernant l’aéroport international de Goma et le volet judiciaire.
Par ailleurs, face à la dégradation des conditions de vie dans les zones de conflit, les délégations ont réaffirmé l’urgence de protéger les civils et les infrastructures essentielles (santé, eau, éducation).
Le gouvernement et l’AFC/M23 se sont engagés à garantir un accès « rapide, sûr et sans entrave » à l’aide humanitaire, tout en insistant sur la nécessité d’éviter tout détournement ou instrumentalisation de l’assistance vitale destinée aux populations déplacées.
Après cinq jours de pourparlers sous médiation internationale, impliquant le Qatar, les États-Unis, la Suisse, l’Union africaine et le Togo, en présence de la MONUSCO comme observateur, les deux parties ont tenté de concrétiser l’accord-cadre signé à Doha en novembre 2025. Sur les huit protocoles prévus, seuls deux ont, à ce jour, ont été formellement conclus.
Libération de 477 détenus et surveillance du cessez-le-feu
Le principal acquis de ce neuvième tour de négociations réside dans l’engagement mutuel de libérer les détenus endéans dix jours. Cette mesure concerne 311 personnes retenues par l’AFC/M23 et 166 par le gouvernement congolais.
Parallèlement, la mise en œuvre du mécanisme conjoint de vérification du cessez-le-feu entre dans sa phase opérationnelle. Avec l’appui logistique de la MONUSCO, les premières missions de contrôle sur le terrain sont attendues d’ici une semaine. Objectif : stabiliser les lignes de front et s’assurer du respect des engagements pris à Doha pour la cessation des hostilités.
Blocages persistants : Aéroport de Goma et condamnations à mort
Malgré ces avancées sectorielles, le troisième protocole de l’accord-cadre, consacré à l’accès humanitaire et à la protection judiciaire, n’a pas pu être signé. Les discussions se sont heurtées à des divergences majeures, notamment :
La réouverture de l’aéroport international de Goma, un point jugé crucial pour les opérations humanitaires dans l’Est du pays, notamment pour l’acheminement de l’aide et les activités commerciales, reste jusqu’à là refusée par l’AFC/M23, La levée des condamnations à mort visant certains membres de l’AFC/M23, une question de souveraineté judiciaire sensible pour Kinshasa.






