Le cycliste congolais Miguel Masai Sai est arrivé lundi 15 juin à Lubumbashi. Le natif de Goma poursuit son périple africain dans le cadre de son projet « Pedals for Peace », non sans obstacles administratifs. Initialement engagé sur l’itinéraire Angola–Kongo Central (RDC), il n’a pas pu entrer sur le sol angolais faute de visa. Miguel Masai Sai a donc dû dévier de sa route, se dirigeant vers la capitale du Haut-Katanga dans l’objectif d’obtenir un visa d’entrée en Angola.
Après un impressionnant parcours de plusieurs milliers de kilomètres pour porter un message de paix en faveur de l’Est de la RDC, Miguel Masai témoigne de la complexité de son aventure, mêlant effort physique et contraintes frontalières.
« Là, je suis déjà à Lubumbashi. Je viens de parcourir au total 4 800 kilomètres. À Chavuma, j’étais à 4 000 kilomètres. Chavuma, c’est la frontière entre la Zambie et l’Angola. Et là, j’ai ajouté 800 kilomètres pour arriver ici à Lubumbashi », a-t-il confié ce mardi 16 juin à Radio Okapi.
Alors qu’il se trouvait à proximité de la frontière angolaise, à Chavuma, Miguel espérait poursuivre sa traversée sans encombre. Cependant, le visa qu’il avait demandé en ligne ne pouvait pas lui être délivré à la frontière, mais uniquement dans son pays de résidence. Le cycliste a été contraint de rebrousser chemin pour rejoindre Lubumbashi, où il espère régulariser sa situation via le consulat de l’Angola.
Ce détour de près de 800 kilomètres illustre les défis auxquels sont confrontés certains voyageurs terrestres sur le continent africain, notamment en matière de circulation transfrontalière.
« Je vais profiter de ce moment ici à Lubumbashi pour effectuer les formalités pour le visa de l’Angola », précise-t-il.
Si l’obtention du précieux sésame reste incertaine, Miguel Masai a déjà planifié la suite de son parcours. En cas de réponse favorable, il prévoit de reprendre la route en direction de l’ouest du pays :
Lubumbashi → Likasi → Kolwezi → Dilolo, avant de franchir la frontière angolaise et rejoindre la province du Kongo Central, puis Kinshasa, son objectif final.
Mais en cas d’échec administratif, une autre option, plus difficile, s’impose :
« Si je n’obtiens pas le visa ici à Lubumbashi, je serai obligé de passer par la voie terrestre en traversant d’autres pays et provinces. Les routes ne sont pas bonnes, mais il n’y a pas de choix. On doit pédaler encore et encore pour arriver à Kinshasa », a-t-il déclaré.
Au-delà des kilomètres déjà parcourus, c’est la détermination de Miguel qui marque les observateurs. Son périple, loin d’être une simple performance sportive, reflète aussi les réalités logistiques et administratives des déplacements à travers plusieurs pays africains.
Malgré les incertitudes, Miguel Masai Sai garde le cap : atteindre Kinshasa coûte que coûte, puis poursuivre son parcours pour rallier Goma à Rabat sur une distance de plus de 14 000 kilomètres. Ce natif de Goma, au Nord-Kivu, pédale pour attirer davantage l’attention du continent africain sur la situation des conflits armés dans sa région natale et appelle à la restauration de la paix.






