Revue de presse kinoise du mercredi 22 avril 2026.
La plupart des journaux parus ce mercredi à Kinshasa s’intéressent au débat politique autour de la révision de la Constitution de 2006.
Le Potentiel ouvre le bal en soulignant que ce débat prend une nouvelle intensité, marquée par une polarisation croissante entre la majorité au pouvoir et l’opposition. Portée par l’Union sacrée de la Nation (USN), explique ce quotidien, la dynamique de collecte des contributions citoyennes apparaît comme une étape déjà bien engagée vers un processus institutionnel que certains observateurs jugent irréversible.
Selon plusieurs sources citées par le journal, des experts travailleraient déjà sur les contours d’un nouveau texte constitutionnel, renforçant l’idée d’une réforme à un stade avancé. Dans ce contexte, note Le Potentiel, la volonté politique attribuée au président Félix Tshisekedi semble s’inscrire dans une trajectoire assumée, alors que l’opposition et une frange de la société civile continuent de réclamer en priorité un dialogue politique inclusif. Entre méfiance, accusations de verrouillage du processus et stratégies de communication divergentes, la scène politique congolaise se retrouve, selon ce quotidien, engagée dans un affrontement de récits, faisant de la question constitutionnelle le cœur d’un bras de fer aux enjeux institutionnels majeurs.
Forum des AS relève que 24 heures après le lancement de la collecte des propositions sur une éventuelle réforme constitutionnelle, le Secrétariat permanent de l’Union sacrée de la Nation a procédé à une clarification qui continue d’alimenter le débat. Dans un communiqué daté du 21 avril, André Mbata, secrétaire permanent de l’USN, a tenté de recadrer les interprétations suscitées par cette initiative. Selon le journal, le document précise que la démarche ne visait pas à engager formellement une réforme constitutionnelle, mais plutôt à recueillir et canaliser les doléances citoyennes. Pour Forum des AS, cette mise au point constitue une nuance importante, alors qu’une partie de l’opinion publique et certains acteurs politiques avaient déjà interprété l’initiative comme le prélude à une révision de la Constitution. En clair, estime le journal, le Secrétariat permanent affirme ne pas avoir pris une initiative engageant l’ensemble de l’Union sacrée ou la Présidence de la République.
La Référence Plus rapporte que la majorité au pouvoir estime que la Constitution de 2006 n’est plus adaptée aux réalités sociopolitiques actuelles du pays.
Bien que l’Union sacrée présente cette position comme une nécessaire modernisation, l’opposition et certains analystes y voient une manœuvre visant à lever la limitation des mandats présidentiels, permettant ainsi au successeur de Joseph Kabila de briguer un troisième mandat après 2028. Repris dans les colonnes du journal, Martin Fayulu juge cette démarche inopportune, tandis que d’autres y dénoncent un projet aux relents autoritaires. Du côté de la société civile et des Églises, rappelle La Référence Plus, la CENCO appelle à un consensus national préalable et met en garde contre les risques d’instabilité sécuritaire.
A ce stade, note La Vraie Thématique, la question de la révision constitutionnelle ne semble pas encore avoir fait l’objet d’un débat formel au sein de la plateforme Union sacrée. Jusqu’ici, souligne cet hebdomadaire, plusieurs cadres de la majorité se sont exprimés à titre individuel. Le journal estime que les prochaines réunions de l’Union sacrée devraient permettre de clarifier les positions officielles des différents membres sur cette question sensible.
Sur un autre registre, Congo Nouveau rapporte qu’en mission officielle dans l’Est du pays, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a ordonné un coup de filet contre l’exploitation illégale de l’or dans la chefferie de Djalasiga, territoire de Mahagi, en Ituri. Selon cet hebdomadaire, cette action s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la vision du Président de la République, sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. Depuis le lundi 20 avril 2026, rappelle le journal, le ministre des Mines mène une mission d’itinérance dans les provinces du Bas‑Uélé, de l’Ituri et du Maniema afin d’évaluer en profondeur la performance du secteur minier national.
AfricaNews, pour sa part, précise que cette mission vise notamment l’évaluation globale du secteur, le renforcement de l’encadrement de l’exploitation artisanale, la relance d’entreprises publiques telles que la Société minière de Kilo‑Moto (SOKIMO), ainsi que la promotion d’une gouvernance minière plus transparente et responsable. Par cette descente musclée sur le terrain, estime le portail, le ministre Louis Watum Kabamba s’affirme comme l’un des acteurs clés de la nouvelle politique minière destinée à faire des ressources naturelles un levier de développement durable pour la RDC.





