Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont intensifié, depuis le début de la semaine, leurs opérations militaires contre la milice Convention pour la Révolution Populaire (CRP), dirigée par Thomas Lubanga, dans plusieurs villages du territoire de Djugu, en province de l’Ituri. Les localités de Dede et Liri figurent parmi les zones les plus touchées par les combats.
Selon des sources sécuritaires, le bilan provisoire fait état d’au moins huit miliciens neutralisés et de plusieurs blessés au sein du groupe armé. Ces affrontements, combinés aux menaces persistantes attribuées à la CRP, ont déjà provoqué le déplacement de plus de 10 000 personnes, d’après des autorités coutumières locales.
Affrontements meurtriers et embuscades
Des tentatives d’incursion et des attaques de la milice CRP sont signalées presque quotidiennement dans plusieurs localités du territoire de Djugu. Face à cette recrudescence de violences, l’armée a renforcé ses dispositifs afin de démanteler ce groupe armé.
Le week-end dernier, de violents affrontements ont été enregistrés au village de Liri, où quatre miliciens de la CRP ont été neutralisés. Un soldat des FARDC a également perdu la vie lors des combats. Dans une autre attaque survenue à Dede, des éléments de la CRP ont tendu une embuscade contre des militaires. Le bilan de cet incident fait état de trois soldats tués et trois autres blessés lors des échanges de tirs.
Les FARDC affirment par ailleurs avoir déjoué plusieurs tentatives d’attaque, notamment à la périphérie de Fataki, à Gina et à Lodha, près d’un site accueillant des personnes déplacées.
Des civils pris au piège de l’insécurité
La situation sécuritaire demeure particulièrement préoccupante pour les populations civiles. Au site de la plaine de Savo, vers Bule, toujours dans le territoire de Djugu, le corps d’une femme a été retrouvé, tandis que deux autres femmes sont portées disparues. Une autre femme a été blessée par balle, selon des sources locales.
Cette insécurité persistante a entraîné le déplacement massif de milliers d’habitants, qui ont fui vers le territoire voisin de Mahagi ou vers des zones jugées plus sûres à l’intérieur même de Djugu, notamment à Ala et dans le groupement de Mbr’bu. Dans ces zones, la présence militaire a été renforcée, indiquent les autorités coutumières.
Une province sous pression sécuritaire
Le territoire de Djugu reste l’un des épicentres de l’insécurité en Ituri, marqué par l’activisme de plusieurs groupes armés. Les opérations en cours des FARDC visent à rétablir l’autorité de l’État et à sécuriser les populations civiles, dans un contexte humanitaire déjà fragile.






