À Lubumbashi, dans la commune de Kampemba, la cessation des activités de l’entreprise minière Chemical of Africa (CHEMAF) en novembre 2025 laisse derrière elle une situation environnementale préoccupante, selon un communiqué de l’Institut de recherche en droits humains (IRDH), publié samedi 13 juin 2026.
L’ONG alerte sur une pollution persistante de l’eau, de l’air et du sol dans le quartier Tshamilemba, dans la commune Kampemba, où des infrastructures industrielles abandonnées continueraient de représenter un danger pour les populations riveraines.
D’après une enquête menée sur le terrain par l’IRDH, trois grands bassins contenant des rejets acides issus des activités de Chemaf se trouvent à moins de 10 mètres des habitations.
Ces installations, aujourd’hui non sécurisées, sont accessibles aux habitants, y compris aux enfants du quartier, exposant la population à des risques sanitaires et environnementaux importants, déplore l’ONG.
Maladies cutanées signalées
Les habitants affirment que l’eau des puits serait désormais impropre à la consommation. Plusieurs cas de maladies cutanées et de troubles respiratoires ont également été signalés dans la zone.
Un résident témoigne :
« Avant, nous utilisions l’eau des puits de Tshamilemba. Aujourd’hui, les gens ne creusent plus de puits, car les acides de Chemaf sont toujours présents malgré le départ de l’entreprise. »
Un autre habitant dénonce l’absence de mesures de sécurité laissées par la société après la fermeture de ses installations.
Pour l’IRDH, la situation constitue un danger réel pour les communautés locales. L’organisation souligne notamment la proximité des bassins avec les habitations et l’absence de dispositifs de protection.
Le chercheur Maître Jeremy Madiela alerte sur les conséquences de cet abandon.
« Ces bassins sont laissés sans protection à proximité des habitations. Les enfants y passent et s’y exposent. Un jeune élève de 17 ans a perdu la vie après s’y être noyé », explique-t-il.
Un rachat et des responsabilités
Après plus de 20 ans d’activités, Chemaf a été rachetée en mars 2026 par la société Virtus Minerals, qui aurait accepté de reprendre l’ensemble du passif environnemental de l’ancienne entreprise.





