Revue de presse de ce jeudi 21 mai
Face-à-face politique tendue autour de la loi fondamentale de la République et mobilisation sanitaire générale contre le retour de la maladie à virus Ebola : ce sont les deux grands sujets qui cristallisent l’attention de la presse congolaise ce jeudi 21 mai 2026.
Ouvrons d’abord ce tour d’horizon de l’actualité par le débat houeux sur la révision constitutionnelle qui franchit un nouveau palier géopolitique et stratégique.
Le Potentiel rapporte que pour répondre à la coalition « C64 » de l’opposition – qui s’appuie sur l’article 64 pour s’opposer au pouvoir –, le parti présidentiel, l’UDPS, vient de lancer la « C4 », c’est-à-dire la Coalition des Congolais pour le Changement de la Constitution. C’est une information confirmée en parallèle par le portail d’information Une.cd, qui précise que cette nouvelle plateforme vise à mobiliser le souverain primaire en faveur d’une réforme constitutionnelle jugée nécessaire par la majorité.
La Tempête des Tropiques, elle, s’intéresse au récent sermon du Cardinal Fridolin Ambongo au cours duquel, le prélat catholique a fermement pris position contre tout changement de la Loi fondamentale. L’évêque de Kinshasa a demandé explicitement aux chrétiens catholiques, à l’Église protestante (ECC) et à la population de « dresser les fronts » pour faire barrage à ce qu’il qualifie de « velléités de protection d’intérêts partisans ». Une sortie virulente qui fait couler beaucoup d’encre, le journal souligne qu’il s’agit d’une posture d’opposant ouvertement assumée.
Face à cette polarisation, l’Agence Congolaise de Presse (ACP) a choisi de donner la parole aux experts pour dépasser les clivages. L’agence officielle publie l’analyse d’un juriste qui qualifie l’article 64 de la Constitution de « couteau à double tranchant ». D’un côté, cet article légitime la résistance citoyenne contre tout individu qui prend le pouvoir en violation de la Constitution ; de l’autre, prévient ce constitutionnaliste, son instrumentalisation disproportionnée par les acteurs politiques risque de faire basculer le pays dans l’instabilité et le désordre institutionnel.
Ebola : urgence sanitaire à portée internationale
Le deuxième sujet majeur qui préoccupe les rédactions ce matin est le défi sanitaire majeur auquel fait face la République.
L’alerte globale sur Ebola reste maximale. Le site Actualité.cd met en exergue la récente communication de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). L’agence onusienne tire la sonnette d’alarme car cette épidémie est provoquée par la souche Bundibugyo, pour laquelle il n’existe actuellement aucun vaccin ni traitement homologué approuvé. L’OMS redoute une circulation active et silencieuse du virus depuis plusieurs mois. Pour sa part, le Forum des As confirme cette inquiétude en indiquant que le variant Bundibugyo progresse dangereusement dans la province de l’Ituri.
Dans ce contexte sanitaire inquiétant, le quotidien Infos27 consacre son éditorial à la résilience nationale et titre : « Ebola en Ituri : la RDC refuse le fatalisme ». Le journal souligne que le gouvernement a agi promptement en dépêchant des équipes et en acheminant cinq tonnes de matériels médicaux à Bunia avec l’appui de l’OMS. Infos27 rappelle fort opportunément que l’absence de vaccin ne signifie pas l’impuissance. Le ministre de la Santé, le Dr Roger Kamba, insiste sur l’expérience accumulée par les équipes congolaises dans le traçage et l’isolement rapide des cas pour briser la chaîne de transmission.
Enfin, La Tempête des Tropiques signale, par ailleurs, un mécontentement de Kinshasa. Lors d’un point de presse, le gouvernement congolais a vivement condamné les restrictions unilatérales de visas décrétées par l’ambassade des États-Unis ainsi que la fermeture des frontières par le Rwanda. Des mesures jugées contre-productives et contraires aux recommandations de l’OMS en période de crise sanitaire.
Cependant, « face à la progression alarmante de la 17ème épidémie d’Ebola, la riposte s’intensifie », rassure La Tempête des Tropiques. Le tabloïd informe qu’une enveloppe d’urgence de 25 millions de dollars américains a pu être mobilisée en seulement 72 heures, incluant 2 millions d’Africa CDC et 13 millions des États-Unis via OCHA, pour sécuriser notamment le cordon sanitaire avec l’Ouganda.






