Des jeunes des quartiers Sicotra Lokali et Muntele, dans la commune de la N’Sele (Kinshasa), ont décidé, depuis jeudi 30 avril, de passer la nuit à la belle étoile pour dissuader les criminels qui écument leur milieu.
Munis de sifflets, clochettes et marmites, ces habitants occupent les rues, déterminés à se faire entendre, à alerter le voisinage et surtout à se protéger face à une insécurité persistante.
Cambriolages, agressions et viols sont régulièrement signalés dans ces quartiers, alimentant un climat de peur généralisée. Lassés, les riverains affirment avoir interpellé à plusieurs reprises les autorités locales, sans obtenir de réponses concrètes.
« Nous avons décidé de passer la nuit dehors et de faire du bruit parce que nos cris d’alarme auprès des autorités n’ont pas été entendus. Nous nous sentons abandonnés. C’est pourquoi nous avons choisi de nous prendre en charge. Nous allons continuer cette mobilisation jusqu’à ce que le bourgmestre nous écoute et que nos revendications soient prises en compte, notamment le renforcement de la présence policière et militaire dans notre quartier », a témoigné l’un des jeunes mobilisés.
Face à cette situation et à la montée de la tension, le bourgmestre de la commune de N’Sele affirme que des mesures ont déjà été prises pour rétablir la sécurité, tout en saluant l’initiative citoyenne des jeunes.
« Je me suis impliqué personnellement avec tous les services de sécurité pour démanteler ces réseaux criminels et les mettre hors d’état de nuire. Il est question de patienter un peu, car avec le temps, la situation va s’améliorer », a assuré l’autorité municipale.
Le bourgmestre a également salué le courage et l’implication de ses administrés dans leur quête de tranquillité, tout en les appelant à signaler tout mouvement suspect afin de permettre une intervention rapide des forces de défense et de sécurité.
Entre sentiment d’abandon et promesses d’intervention, la situation demeure toutefois tendue à N’Sele. Si les autorités évoquent un début de maîtrise de l’insécurité, sur le terrain, les habitants maintiennent la pression. Leur message est clair : sans résultats concrets, la mobilisation nocturne pourrait se poursuivre.






