Le front sanitaire se fragilise en province de l’Ituri. Les prestataires de santé engagés en première ligne dans la lutte contre la maladie à virus Ebola expérimentent ouvertement leur colère. Dans un mémorandum délivré au gouverneur de province, dimanche 5 juillet à Bunia, ces centaines de professionnels dénoncent des conditions de travail médiocres qui les exposent directement au virus. Ils réclament le paiement immédiat de leurs primes et menacent d’un arrêt de travail généralisé si leurs revendications ne sont pas satisfaites.
Ces hommes et femmes travaillent jour et nuit au sein des différents centres de traitement d’Ebola (CTE) disséminés dans les zones de santé affectées par l’épidémie. Malgré les risques extrêmes encouragés pour sauver des vies, ils estiment que leur paie n’est pas à la hauteur des sacrifices consentis.
Leur principale revendication repose sur la régularisation financière de leurs prestations, suspendue depuis le début de la crise sanitaire. Ils exigent le versement de toutes leurs premières accumulées depuis la déclaration officielle de l’épidémie, survenue le 15 mai dernier.
Un ultimatum de 24 heures lancé aux autorités
Dans leur mémorandum, les grévistes détaillent un cahier des charges précis et déplorent également des choix managériaux de la part de la hiérarchie :
« Nous exigeons ce qui suit : notre paiement dans l’immédiat au plus tard dans les 24 heures. Le barème à notre disposition n’est pas à la hauteur de notre travail. Nous dénonçons l’exportation de la main-d’œuvre des autres provinces vers l’Ituri et déplorons le manque de moyens nécessaires pour riposter. »
Face à cette situation, les prestataires de santé ont fixé un ultimatum extrêmement court. Faute d’un compromis ou d’un début de paiement, un mouvement de grève générale se déclenchera dans les prochaines 24 heures, ce qui pourrait paralyser l’ensemble du dispositif de riposte épidémique dans la province.






