Face à l’afflux des victimes des conflits armés dans l’est de la République démocratique du Congo, les professionnels de santé du Nord-Kivu ont décidé d’unir davantage leurs efforts pour améliorer la qualité des soins. Médecins, infirmiers, psychologues, orthoprothésistes et kinésithérapeutes se sont réunis samedi 4 juillet à Goma dans le cadre d’un atelier de collaboration interprofessionnelle organisé par l’Union des kinésithérapeutes du Congo (UKC), section du Nord-Kivu, avec l’appui du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
L’objectif de cette rencontre était d’harmoniser les approches de prise en charge des blessés de guerre, dont les besoins médicaux, psychologiques et de réadaptation nécessitent l’intervention de plusieurs spécialistes à différentes étapes du traitement.
Selon Jules Makuta, président des kinésithérapeutes du Nord-Kivu, la prise en charge des victimes des conflits ne peut être efficace sans une coordination étroite entre les différents corps de métier du secteur de la santé.
« Nous avons les psychologues, les médecins, les kinésithérapeutes et les infirmiers. Nous échangeons sur la manière de gérer les personnes victimes des guerres. Chaque professionnel intervient à un moment donné du parcours de soins et il est important que chacun comprenne le rôle de l’autre », a-t-il expliqué.
Au cours des échanges, les participants ont identifié plusieurs défis liés à un manque de coordination entre les services. Jules Makuta cite notamment des cas où des patients opérés ne sont pas orientés à temps vers les services de kinésithérapie, ce qui favorise l’apparition de complications telles que les ankyloses et les raideurs articulaires.
L’atelier a également mis en lumière l’importance de l’accompagnement psychologique des blessés. Certains patients souffrant de traumatismes psychiques liés à la guerre rencontrent des difficultés à suivre correctement leur programme de rééducation physique.
« Il y a des patients qui présentent des problèmes mentaux et qui ne collaborent pas facilement avec les kinésithérapeutes. C’est pourquoi nous avons estimé nécessaire de travailler étroitement avec les psychologues », a précisé le président des kinésithérapeutes du Nord-Kivu.
Les infirmiers ont eux aussi été associés à cette réflexion afin d’améliorer la continuité des soins. Selon les participants, certaines difficultés observées lors de la rééducation sont parfois liées à des insuffisances dans les soins infirmiers ou dans le suivi du patient.
La présence des orthoprothésistes a par ailleurs permis d’aborder la question de la prise en charge des personnes amputées, nombreuses dans un contexte de conflit armé. Une fois les prothèses ou orthèses fabriquées et ajustées, les kinésithérapeutes jouent un rôle essentiel dans l’apprentissage de leur utilisation, notamment pour la rééducation à la marche.
Pour les organisateurs, cette démarche collaborative vise à offrir aux victimes de guerre une prise en charge plus complète, intégrée et centrée sur leurs besoins. À travers cette initiative, les acteurs de santé du Nord-Kivu espèrent renforcer la qualité des services fournis aux populations affectées par les violences armées et améliorer les chances de récupération physique et psychologique des patients.






