Longtemps pointés du doigt comme des vecteurs potentiels de propagation de l’épidémie, les tradipraticiens de Bunia s’engagent désormais activement dans la lutte contre la maladie à virus Ebola en Ituri. À la suite d’une session de formation sur le respect des mesures barrières, ces praticiens de la médecine traditionnelle promettent de sensibiliser leurs communautés et de réorienter les cas suspects, tout en plaidant pour l’obtention d’équipements de protection individuelle.
L’épidémie de cette maladie hémorragique, qui sévit depuis plus d’un mois dans 22 zones de santé de la province de l’Ituri, a déjà coûté la vie à plus d’une centaine de personnes. Face à cette urgence sanitaire, l’intégration de la médecine traditionnelle dans la riposte officielle est devenue cruciale.
C’est dans ce contexte que la Fondation des Aigles pour l’encadrement des vulnérables a organisé, dans le cadre de son projet intégré WASH (Eau, hygiène et assainissement), un atelier de renforcement communautaire. L’objectif consiste à outiller les tradipraticiens sur les modes de transmission du virus, les mesures de prévention rigoureuses et les bonnes pratiques pour endiguer la contagion.
Un relais communautaire indispensable pour la riposte
Pour les organisateurs, l’influence culturelle et la proximité de ces acteurs avec la population en font des alliés incontournables pour faire reculer la maladie.
« Les tradipraticiens constituent l’un des acteurs clés au sein des communautés pour la sensibilisation en vue de lutter contre la propagation de cette maladie », explique Mbusa Sindani Jean Vianney, coordinateur de la structure organisatrice.
Cette formation apporte un changement de paradigme majeur dans la prise en charge locale des malades, comme en témoigne Ally Masudi, un praticien de la médecine traditionnelle de Bunia :
« Nous recevons dans nos cabinets des malades qui manifestent parfois des signes similaires à Ebola sans savoir comment se protéger contre cette maladie. À présent, nous sommes bien outillés pour mieux orienter les cas suspects vers les structures sanitaires de prise en charge. »
Toutefois, pour mener à bien leur mission de sentinelles sanitaires sans mettre leur propre vie en péril, les professionnels de la médecine traditionnelle lancent un appel urgent aux autorités et aux partenaires humanitaires afin de bénéficier de matériels de protection individuelle (gants, masques, blouses) pour se prémunir de toute contamination lors des premières consultations.





