Dans plusieurs artères de Mbuji-Mayi (Kasaï-Oriental), les trottoirs ont perdu leur vocation première : celle de protéger les piétons. Aujourd’hui, ces espaces sont occupés par des vendeurs de carburants, des étalages de fruits, des pièces de rechange et divers articles du commerce informel. Résultat : pour se frayer un passage, les piétons sont contraints de se déporter sur la chaussée, au milieu des motos, des véhicules et des pousses-pousses, au péril de leur vie.
Au niveau du rond-point Kimberlite, sur le boulevard Mzee Laurent-Désiré Kabila, ainsi qu’au rond-point Petrombu en direction du marché Tukunyema, les trottoirs sont saturés. Entre les parasols, les étalages improvisés et les marchandises posées à même le sol, il ne reste pratiquement aucun espace pour marcher.
Faute de mieux
Sidonie Nzalabu, vendeuse de légumes, justifie son installation sur les trottoirs :
« Nous avons étalé sur les trottoirs, c’est vrai. Nous n’avons pas la joie. Nous n’avons pas de place où mener nos activités économiques. Il n’y a pas d’emplois pour tout le monde. Nous étalons ici à cause de la souffrance. Nous voulons nous prendre en charge. »
Une autre vendeuse de fruits renchérit :
« Nous n’avons pas de place pour étaler nos marchandises. Nous avons étalé sur les trottoirs parce que nous n’avons pas d’autre endroit. »
Une stratégie économique
Pour ces marchands, occuper les trottoirs constitue une stratégie économique, même si cette pratique met en danger les piétons. Une femme rencontrée près du rond-point Kalala wa Nkata déplore cette situation:
« On risque nos vies chaque jour. Les motos roulent vite, les voitures aussi. Mais où passer ? Les trottoirs sont devenus des marchés. »
Pour Roger Tshilombo, coordonnateur provincial de la Commission nationale de prévention routière (CNPR), le rétablissement de l’ordre passe par l’application des dispositions du livre 3 du nouveau Code de la route.
« L’occupation anarchique des trottoirs est une violation des règles de sécurité routière. Les piétons sont les usagers les plus vulnérables. Nous demandons aux autorités urbaines de dégager les trottoirs et de réorganiser les espaces marchands. »
Menace de la police
La Police de circulation routière reconnaît également la gravité de la situation. Félix Mukuna, commandant de la Police de circulation routière, a instruit les vendeurs installés sur les trottoirs à les libérer avant la rentrée scolaire. « Le trottoir est pour les piétons, pas pour les commerces. Tout refus sera sanctionné par les services compétents », avertit-il.
Face à cette situation, les spécialistes de la sécurité routière appellent la police, la CNPR et les autorités urbaines à une action concertée afin de redonner aux trottoirs leur fonction première : protéger les piétons.





