La dernière journée des playoffs de la Linafoot a offert un scénario à couper le souffle. Entre un TP Mazembe fidèle à son ADN de conquérant et un FC Les Aigles du Congo accrocheur jusqu’au bout, le titre s’est dessiné dans une atmosphère de tension permanente, comme si le championnat refusait de livrer son verdict trop tôt.
Mazembe impose sa loi dès les premières minutes
Face à Céleste FC, le TP Mazembe n’a pas perdu de temps pour rappeler son statut. Les Corbeaux ont pris le contrôle du match avec une autorité presque naturelle, installant leur rythme et leur pressing dès les premières phases de jeu.
Il faudra cependant attendre la 20e minute pour voir le verrou céder. Une main dans la surface des Chérubins offre un penalty aux hommes de Lubumbashi. Marc Diouf ne tremble pas. Son exécution est froide, précise, presque clinique. Mazembe prend l’avantage sans forcer le destin, mais en l’apprivoisant.
En face, Céleste FC subit. Sans véritable réponse offensive, le club de Mbandaka se heurte à une défense bien organisée, compacte et disciplinée.
Bongeli en patron, Mazembe accélère après la pause
Au retour des vestiaires, le match change définitivement de visage. Entré en jeu à la suite de la blessure de Patrick Mwaungulu, Faveurdi Bongeli va rapidement marquer les esprits. À la 49e minute, le jeune ailier élimine ses adversaires dans une percée pleine d’assurance avant de déclencher une frappe lourde qui termine sa course au fond des filets de Mutima Jonathan. Mazembe double la mise et prend une option sérieuse sur la rencontre.
La suite ressemble à un siège. Les Corbeaux multiplient les occasions, mais sans réussir à alourdir le score. Bingi Belo, Cheik Fofana, Satala Assani et Lyse Ntumba butent tour à tour sur un manque de réalisme qui aurait pu coûter plus cher dans une autre configuration. Mais Mazembe gère, contrôle et verrouille. Le métier fait la différence.
Les Aigles du Congo mettent la pression en ouverture
En levée de rideau, le FC Les Aigles du Congo avait déjà envoyé un message clair. Face au CS Don Bosco, les Samouraïs ont décroché une victoire précieuse (2-1), dans un match longtemps indécis.
Moins tranchants en première période, les Aigles ont accéléré au retour des vestiaires. Toni Talasi ouvre le score en reprenant au premier poteau un ballon parfaitement négocié, donnant l’avantage aux siens.
Mais Don Bosco ne lâche pas. Dans une deuxième période plus équilibrée, Molindo Mbala surgit en opportuniste pour remettre les deux équipes à égalité (1-1, 68e).
Le match bascule alors dans une fin de rencontre sous haute tension. Les Aigles pensent reprendre l’avantage à la 78e minute sur une réalisation d’Élie Kitobo, mais le but est refusé pour un hors-jeu litigieux. Le tournant du match reste dans toutes les têtes.
Fiston Mbuyi tranche dans les derniers instants
Alors que Don Bosco pousse pour renverser la situation, les Samouraïs frappent au moment le plus cruel. À la 86e minute, Fiston Mbuyi déclenche une frappe pleine d’autorité dans l’axe et scelle le sort de la rencontre.
Les Aigles du Congo s’imposent 2-1 et confirment leur solidité mentale dans un match où tout pouvait basculer.
Un championnat suspendu au fil du détail
Cette dernière journée résume à elle seule la nature des playoffs, une phase de championnat où les titres se gagnent sur des détails, des penalties, des hors-jeu millimétrés et des éclairs individuels.
Le TP Mazembe, fidèle à son expérience, a su faire parler son efficacité. Les Aigles du Congo, eux, ont rappelé qu’ils ne sont plus de simples outsiders, mais une force capable de bousculer la hiérarchie.
Dans ce duel à distance, le suspense aura tenu jusqu’au bout. Et dans ce genre de championnat, c’est souvent le sang-froid qui finit par écrire l’histoire.
Germain Ngoy






