Le football congolais a encore offert l’un de ces spectacles paradoxaux dont il a le secret, une fête populaire transformée en scène de chaos. Le jeudi 21 mai, le Stade Tata Raphaël a vécu un après-midi sous haute tension lors du choc entre AS Vita Club et FC Les Aigles du Congo , comptant pour la sixième journée des play-offs de la Linafoot Ligue 1.
Une première période électrique
L’ambiance était déjà lourde avant même le coup d’envoi. Sur le terrain, les Moscovites ont rapidement pris les devants grâce à Mardochée Mokanga, auteur de l’ouverture du score dès la 4e minute après une frappe déviée par la défense adverse.
Mais malgré cet avantage précoce , les tribunes de AS Vita Club sont rapidement entrées en ébullition. Les décisions arbitrales de Tabitha Botendra ont provoqué l’hostilité d’une partie du public. À plusieurs reprises, des projectiles ont été lancés en direction de l’aire de jeu et des assistants.
Dans ce climat pesant, FC Les Aigles du Congo a pourtant eu l’occasion parfaite de revenir au score avant la pause. Mais Glody Kikwama a manqué le penalty obtenu dans le temps additionnel de la première période. À la mi-temps, le score restait de 1-0 en faveur des hommes de Cédric-Arnaud Nanitelamio.
Une seconde période qui bascule dans le chaos
Au retour des vestiaires, les Samouraïs semblaient toujours empruntés, multipliant maladresses et mauvais choix dans les trente derniers mètres. Pour tenter de renverser la rencontre, Papy Mpoyi lançait plusieurs changements offensifs avec les entrées de Mukuta, John Molingo et Jonathan Ikangalombo.
Le match a ensuite changé de dimension à la 70e minute. Platini Mpiana Mozizi croyait inscrire le but du break pour Vita Club, mais son but était annulé pour une position de hors-jeu très contestée. Une décision qui a encore fait monter la tension dans les tribunes.
Onze minutes plus tard, le scénario s’inversait brutalement. À la 81e minute, Jonathan Ikangalombo, ancien de Vita Club, égalisait pour les Samouraïs après un service de John Molingo. Ce but a été le point de rupture.
Quelques instants après la reprise du jeu, des supporters de AS Vita Club ont envahi la pelouse pour poursuivre arbitres, joueurs et membres des staffs techniques. Pendant plusieurs minutes, le Stade Tata Raphaël s’est transformé en scène de panique générale.
Des officiels abandonnés au chaos
Face à l’ampleur de la foule, les forces de l’ordre ont quitté les lieux, laissant dirigeants, officiels et journalistes livrés à eux-mêmes. Parmi les personnes présentes figuraient notamment Timothée Menayame, président de la Linafoot, Donat Mulongoy, Flory Mapamboli (Président de Vita Club) et Vidiye Tshimanga (Président des Aigles du Congo) .
Le match , arrêté à la 83e minute sur le score de 1-1, reste désormais suspendu à la décision de la commission de discipline de la Linafoot Ligue 1, qui devra analyser les rapports des officiels avant de statuer.
Au-delà du résultat, cette soirée laisse surtout l’image d’un football congolais toujours prisonnier de ses vieux démons dont la violence dans les tribunes, faiblesse sécuritaire et incapacité chronique à protéger acteurs et spectateurs lorsque la passion déborde .
Jérémie Ngeleka






